ABANDON DE L'ÉTUDE DU DROIT ROMAIN DANS LES UNIVERSITES
et l'année suivante il interdit même aux laïques, sous peine d'excommunication, de faire ou de suivre à l'université de Paris des cours sur le droit romain. En 1254, Innocent IV s'efforce d'étendre cette interdiction à la France, à l'Angleterre, à l'Ecosse, à l'Espagne et à la Hongrie. Dans les universités allemandes, l'étude du droit canon est longtemps seule autorisée. Puis, en vertu de privilèges spéciaux, le droit romain finit par y être enseigné, mais seulement pour servir à l'explication et à la démonstration du droit canon1; les facultés de jurisprudence, composées en grande partie de docteurs canonist es, n'étaient que le complément des facultés de théologie. Ce n'est qu'en 1490 que le droit romain est définitivement admis à Fribourg; à Bàle il est adopté en 1494; à Vienne en 1495; à Heidelberg en 1498 2; il avait été introduit beaucoup plus tôt dans quelques universités de l'Allemagne du Nord. — A Rostock, vers le milieu du quinzième siècle, il prend un remarquable développement; à Greifswalde, dès 1456, quatre « légistes » professent; à Lunébourg, une faculté spéciale enseignant exlusivement le droit romain est établie en 1471 3; à Erfurt, entre 1450 et 1500, le nombre des gradués en droit civil, comparé à celui de la première moitié du siècle, augmente du triple *; mais les hautes écoles d'Italie, « vraies sources de la sagesse juridique romaine », continuent à être célèbres entre toutes pour l'étude du droit romain, et les étudiants allemands s'y rendent en foule 5.
Plus les « romanistes » voient l'horizon s'élargir et s'embellir devant eux, plus grandit leur crédit à la cour des princes et dans les villes libres, et plus aussi l'étude de la jurisprudence est remise en honneur.