‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 236 sur 630 · LES REPRÉSENTANTS DU DROIT ÉTRANGER A LA COUR DES PRINCES SOUVERAINS · texte numérisé non relu

LES REPRÉSENTANTS DU DROIT ÉTRANGER A LA COUR DES PRINCES SOUVERAINS

Bien avant que le droit romain et les légistes formés à son école eussent opéré dans les tribunaux allemands de si funestes changements, ces mêmes légistes avaient réussi à changer complètement le système gouvernemental dans presque toutes les principautés de l'Allemagne.

Dès le commencement du quinzième siècle, les princes, et à dire le vrai les princes ecclésiastiques en premier lieu, avaient mis les juristes en possession des dignités, des charges, dont jusque-là les membres du clergé avaient seuls été revêtus. Peu à peu les « docteurs romains » étaient devenus notaires, conseillers, secrétaires, ambassadeurs auprès des princes. Les emplois de chancellerie qui leur étaient confiés les mettaient en possession des plus hautes charges administratives, de sorte qu'ils ne tardèrent pas à exercer une influence prépondérante dans les affaires publiques. On voit apparaître à ce moment dans les petits gouvernements une bureaucratie nouvelle, empruntant au droit romain qui l'avait fait naître son esprit, ses principes et ses tendances.

Jusque-là, conformément aux axiomes du droit allemand, les familles, les corporations, les domaines seigneuriaux, les communes, avaient été autant que possible gouvernés parleurs propres représentants; ce n'était que clans des circonstances exceptionnelles, à propos de procès graves ou d'événements politiques de la plus haute importance, qu'on avait recours à l'autorité des princes souverains. A la place de ce libre gouvernement, s'introduisit peu à peu un régime bureaucratique s'ingérant dans toutes les questions de famille, de commune et de district, et s'efforçant, partout où cela était possible, d'anéantir les droits des corporations et des divers états.

« D'après les détestables maximes des nouveaux docteurs », dit Wimpheling, « le prince est tout, le peuple n'est rien. Le peuple doit se borner à obéir, à payer les impôts et à faire corvée; nonseulement il est tenu à l'obéissance envers le prince, mais encore envers ses agents; ceux-ci commencent à se poser partout en véritables maîtres du pays, et savent si bien arranger les choses que les

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