‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 247 sur 630 · DIÈTE DE WORMS · texte numérisé non relu

DIÈTE DE WORMS

Dans le dessein de revendiquer les droits de l'Empire sur les pays italiens et d'y détruire l'influence française devenue toujours plus puissante depuis la conquête du royaume de Naples, Maximilien convoqua les états à Worms (1495). « Il représenta à l'assemblée que si l'on continuait à tolérer en Italie les entreprises de la France, si l'on n'opposait aucune résistance à son ambition, la liberté de l'Église romaine serait menacée, la nation allemande dépossédée de la dignité impériale, et la puissance germanique anéantie. » « Le roi de France », dit-il, « est sur le point de s'emparer du duché de Milan, fief impérial, et chacun peut mesurer la grandeur du péril que courrait l'Allemagne, si la France, renversant les remparts avancés du Saint- Empire, venait à s'avancer jusqu'à nos frontières. Il vaut bien mieux combattre ce dangereux voisin à l'étranger que de l'attendre à nos portes. L'honneur du Saint-Empire ne nous permet pas de livrer à l'ennemi, sans même avoir tenté de le secourir, le duc de Milan, prince d'Empire3. » Pour conjurer un pareil danger, l'Empereur réclamait des secours d'argent dans un délai assez rapproché, et ces secours, il les demandait pendant une douzaine d'années consécutives. A ses yeux, cette mesure était indispensable à la sécurité de l'avenir.

Mais les étals, influencés par les juristes romains, ne se souciaient guère de l'honneur de Saint-Empire. De même qu'ils avaient considéré sans s'émouvoir les assauts meurtriers des Turcs, ils ne voulaient

1 De hello Maximiliani cum Vendis, Fueher, Scriptt., t. II, p. 564-565. 8 Voy. WelschgaUung, p. 33 a, 34 b, et la Préface, p. 6 et 7. 3 Voy. les propositions royales dans Müller, t. I, p. 204-205, 314-315. — Voy. dans les archives de Lucerne, aux articles Deutsches Reich, Kirchensachen.

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