‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 251 sur 630 · DIÈTE DE LINDAU, DK WORMS ET DE FRIBOURG · texte numérisé non relu

DIÈTE DE LINDAU, DK WORMS ET DE FRIBOURG

REVERS de l'empire. 1499.

Dans une lettre circulaire datée d'Augsbourg et convoquant une nouvelle diète à Lindau (21 mai 1490), Maximilien insistait encore sur

1 Voici ce que rapporte Trithème au sujet du prélèvement de l'impôt : « On me taxa à trois florins par an; un pour moi. un pour mes religieux, un pour mes serviteurs et servantes. La première année, les monastères du voisinage, les clercs de Sponheim et des environs payèrent l'impôt; mais les laïques ne donnèrent pas un seul liard. Quand les clercs le surent, les plus avisés ne voulurent pas pas non plus payer l'année suivante. Ceux donc qui avaient donné durent subir la perte, et ceux qui n'avaient rien donné du tout ne furent pas inquiétés pour cela, car, l'année suivante, on ne réclama pas l'arriéré, et ce qui avait été recueilli la première année ne fut nullement employé au but qu'on s'était proposé. » Chron. Hirsaug. ad. annum 1195.

' Circulaire de Maximilien convoquant les états 5 la diète de Lindau, 23 mai 1 59G. Mullf.r, t. II, p. 17. — Voy. les manuscrits relatifs à cette question dans la Frankfurts lleic/iscorrespondenz, t. II, p. 589-590, nor 784-754.

3 Lettre 7.

la nécessité d'agir avec énergie. « Charles VIII », disait-il, « est déjà entré en campagne, et se propose non-seulement de conquérir Gènes et le Milanais, mais de recevoir des mains du Pape cette couronne impériale que tant d'efforts, tant de sang répandu ont acquise à la nation allemande depuis des siècles. Charles VIII prétend soumettre l'Italie tout entière à son obéissance. » Maximilien, en termes suppliants, implore le secours des princes du Saint-Empire. « 11 aurait parié un pays », écrit-il à l'électeur Frédéric de Saxe, « que les Allemands ne l'auraient pas ainsi abandonné dans le danger! » Privé des secours de l'Empire, il s'était vu forcé d'équiper et de solder à ses frais les troupes destinées à combattre la France : « Notre serment, notre devoir, ce que nous avons tous promis à l'Empire nous presse de nous imposer quelques sacrifices », disait-il. Que le prince électeur considère son rang, qu'il songe moins à son intérêt qu'à son honneur, et vienne au secours de l'Empire, soucieux enfin de sa gloire et de sa prospérité! « Qu'il pense à l'Italie, car il faut bien le dire, notre cause marche mal. » « A notre grande consolation, l'Italie a pu être conservée jusqu'à ce jour; mais dans un avenir prochain, la partie nous sera rendue plus difficile. » « Allemands, tout est entre vos mains », poursuivait Maximilien; « si vous réunissez vos efforts, vous pourrez, commandés par votre roi, acquérir une telle gloire, que l'occasion d'en obtenir une semblable peut ne pas se présenter avant un siècle ». »

Maximilien représente ensuite aux états réunis à Lindau que, pour la gloire et l'utilité de l'Empire, il n'a ménagé ni sa vie ni ses biens; qu'en retour, il se voit l'objet des reproches et de la malveillance de ses sujets, et qu'il n'est pas un cabaret de son royaume où il ne soit tourné en dérision. Mais si les adversaires du denier commun ont trop d'orgueil pour consentir à fournir quelques secours à l'Empire, le Roi, de son côté, restera fidèle au serment qu'il a prêté; si Dieu et la chrétienté sont trahis, du moins il n'en sera pas responsable. En présence d'une telle catastrophe, Sa Majesté Royale se recommande à Dieu. Le Seigneur fait part aux siens dans tous les temps de sa 'grâce, de sa consolation et de sa lumière; Dieu et le monde sont témoins que Sa Majesté était prête à offrir ses biens et sa vie pour conjurer le malheur qui s'approche. Dans ce péril, le Roi ne craint ni le diable, ni l'enfer; aucun revers, aucun accident pouvant menacer Sa Majesté soit en Allemagne, soit en Italie, n'est capable de l'intimider, « car tous les revers et les affronts qui pourraient l'accabler reviendraient au grand honneur du roi des Romains, dût-il même être réduit à une telle pauvreté qu'il lui fallût aller à

1 Muller, t. II, p. 174-175.

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