AFFERMISSEMENT DU POUVOIR ROYAI
son chef par la mort de Berthold de Henneberg (21 décembre 1504), et l'heureuse issue de la campagne bavaroise rendit quelque prestige à l'autorité impériale.
Cette guerre mit dans une pleine lumière la conduite des électeurs et des princes, et montra combien Maximilien avait raison de dire qu'ils ne se souciaient nullement des institutions du pays ni du droit national, et n'étaient pas même capables de respecter ce qu'euxmêmes avaient décidé1. Au conseil des princes, réuni à Augsbourg, l'Empereur, avec l'assentiment de la Chambre Impériale, avait promis les fiefs impériaux du défunt duc Georges de Bavière-Landshut aux cousins directs de la ligne de Munich, qui en étaient les héritiers les plus proches. Mais sans tenir aucun compte de cette décision, l'électeur palatin Robert et son père Philippe avaient recherché et obtenu l'appui de la France, de la Hongrie et de la Bohême pour s'emparer de ces mêmes territoires. Une guerre dévastatrice s'engagea en Bavière et sur le Rhin. Maximilien écrasa les rebelles, et la victoire qu'il remporta aux environs de Ratisbonne 2 sur les troupes du roi de Bohème, accouru pour défendre le prince électeur, fut célébrée par les poètes, en latin et en allemand, comme un grand et joyeux événement. >< L'alliance impériale », disait-on, « est devenue si puissante, qu'à l'avenir les Bohémiens et les Suisses, qui nous ont fait tant de mal, ne seront plus en état de nous nuire; Maximilien anéantira bientôt les armées turques, il reprendra Constantinople3. » « Le Roi a enfin soumis les princes à son autorité », écrit Vincent Ouiriniau Conseil de Venise; » il n'en est plus un seul qui ose lui résister sur n'importe quel sujet *. »
Tel était l'état des choses au moment où s'ouvrit la diète de Cologne. Maximilien était fermement résolu à employer le crédit qu'il venait de recouvrer au rétablissement de l'autorité royale. Il commença par terminer la querelle bavaroise de son autorité de
1 Lettre de Henri Grwncbeck, du 17 juillet I50î.
- ■ Le Roi, combattant toujours au fort de la mêlée, fut blessé, tomba de cheval, et c'en eût été fait de lui si le duc Erich de Brunswnk ne l'eût sauvé, recevant lui-môme force balles, (lèches, coups et blessures. Le duc, dont c'était la première bataille, dit avec orgueil dans une lettre dictée sur son lit de douleur et adressée à sa jeune femme . « Je ne suis pas tout à fait mort. »