‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 267 sur 630 · CROISADE PROJETÉE · texte numérisé non relu

CROISADE PROJETÉE

Mais il n'en était pas ainsi. Malgré les amertumes dont il était abreuvé, malgré les fatigues, les pertes subies2, l'Empereur conservait un courage invincible. Tout vieux qu'il était, il gardait encore au cœur l'ambition de sa première jeunesse, rêvant toujours d'unir tous les peuples chrétiens sous la conduite de « l'Empereur romain de nation germanique », et de chasser les Turcs de l'Europe.

Depuis que le sultan Sélim Ier, chef habile et puissant, était monté sur le trône ottoman, les plans de Mahomet avaient été repris, et les armées turques menaçaient de ruine et d'extermination la chrétienté tout entière. Pour acquérir l'empire de la mer, Sélim avait fait construire une flotte de cinq cents vaisseaux; le Kurdistan avait été conquis, la Mésopotamie soumise, le puissant empire des mameluks comprenant l'Egypte, la Syrie et la Palestine, venait d'être détruit. Sélim était entré au Caire en triomphateur (31 janvier 1517); Alger était au pouvoir des infidèles; les ports italiens avaient été pillés et

1 Dans les Fontes rcrum Ausl. scriptt., t. I, p. 436-439.

4 Voyez la relation de Maximilien du 17 août 1517 dans la Frankfurts Reichscorreipondens, t. II, p. 954.

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