‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 286 sur 630 · OEUVRES CHARITABLES, SYNODES, LE CLERGE · texte numérisé non relu

OEUVRES CHARITABLES, SYNODES, LE CLERGE

sociale préconisée par l'Église est sans cesse appliquée au soulagement de la pauvreté et de la détresse humaine, à la protection de la classe laborieuse, à la répartition la plus juste possible des biens de la terre. Ce n'est pas l'intérêt personnel, mais « l'union de tous dans un fraternel amour », qu'on espère voir devenir la solution et le but de toute action économique. Les synodes s'unissant aux écrivains économistes de leurs temps, s'opposent avec fermeté aux usuriers, aux accapareurs, et font un devoir de conscience à ceux qui ont charge d'âmes, de soutenir et de défendre dans leurs prédications les droits des pauvres, des veuves et des orphelins1.

L'influence du cardinal Nicolas de Cusa, son zèle ardent, qui fit époque, avait fait circuler dans l'Église d'Allemagne un souffle vivifiant. Nous ne savons si, à aucune autre période de notre histoire ecclésiastique, l'action des synodes fut à la fois plus vaste et plus féconde qu'entre 1451 et 1515. Outre les conciles provinciaux de Mayence, de Magdebourg, de Cologne, de Salzbourg, on compte, dans cet espace de temps, plus de cent synodes diocésains dans les diverses provinces de l'Empire; nous voyons se refléter dans leurs décisions tous les ressorts intérieurs de la discipline ecclésiastique à celte époque. Si l'on est malheureusement obligé d'y toucher du doigt les nombreux et criants abus qui entravaient alors l'action de l'Église, onyconstate d'autre part les remèdes énergiques qu'elle s'efforce d'y apporter*.

p. 44. — Sur le nombre toujours croissant des hôpitaux et léproseries jusque dans les plus petits villages, voy. Mone, Zeitschrift, t. II, p. 2f>0, 279-291. — Sur les fondations pieuses à Bretten, Bade, Bruchsal, etc., Zeitschrift, t. I, p. 147-163. — Sur les maisons de refuge et hôpitaux à Oppenheim, voy. Frank, Gesch. von Oppenheim, p. 113. — Sur les nombreuses confréries instituées pour le soulagement des pauvres, voy. Kohl, dans la Zeilschrift für deutsche Kulturgeschichte, p. 423- 428, 1874. — Sur l'hôpital de Saint-Job, fondé à Hambourg en 1505, voy. Wild a, Gildeweten, p. 366-368. — Sur les établissements charitables de Halle, voy. Woker, p. 114-115. A Zwickau, BuhkhaudT, Gesch. der sächsischen Kirchen und Schulvisitationen, p. 67, (Leipzig, 1879.) Sur la multiplicité des béguinages dans les pays rhénans vers la seconde moitié du quinzième Mècle et sur leur féconde activité pour le soin des malades, l'éducation des orphelins, etc., voy. Kittel, Die Beginnen des Mittelalters im südwestlichen Deutschland, Programm. (Aschaffenburg, 1859.) Voy. Anzeiger für Kunde deutscher Vorzeit, t. VI, p. 374-376. Relativement aux aumônes faites par les monastères, citons entre autres l'exemple de l'abbaye d'Hirsau, qui distribuait tous les ans aux pauvres environ quatre cents boisseaux de blé et nourrissait tous les jours deux cents indigents a la porte du couvent. Voy. Cless, Culturgeschichle von Württemberg, t. II, p. 443.

1 Voy. Hartzheim, t. V. p. 398-675, 923-958, et t, VI, p. 1, 142. Analyse du Supplemenlum Conciliorum Germaniœ de Binterim et de Floss, p. 15-17. (Cologne. 1851.) Binterim, t. VII, p 237-530. Dans le diocèse de Spire deux synodes avaient presque toujours lieu tous les ans. ReMLING, Geschichte der Bischöfe zu Speyer, t. II, p. 145-222.

8 Les lettres synodales de l'évéque de Spire, Louis de Helmstadt (Wurdtwein, Subs., u XII, p. 196-326), sont des modèles en leur genre. Les synodes étaient souvent très-nombreux. Au synode de Strasbourg (1482), six cents prêtres sont

En dépit de toutes les imperfections qui s'attachent aux œuvres humaines, les conciles et synodes, dans leurs discussions et leurs décrets, mettent dans un relief admirable l'esprit qui l'inspire. Les princes ecclésiastiques dont la conduite est indigne de leurs hautes fonctions, sont contraints, lorsqu'ils exercent publiquement leur charge, de faire entendre le langage austère de la doctrine chrétienne, et de condamner ainsi leur propre vie. Beaucoup d'évéques se font les apôtres zélés de la réforme tentée ; beaucoup se signalent par leur amour des âmes, et sont aussi distingués par leurs vertus que par leur savoir'. Le clergé régulier et séculier est en grande partie éclairé, intelligent et pieux. C'est parmi ses membres que l'imprimerie nouvellement inventée trouve ses protecteurs les plus dévoués, les plus actifs. L'immense quantité d'ouvrages sortis des premières presses allemandes sert d'abord presque exclusivement les besoins intellectuels du clergé. Aussi Wimpheling, censeur sévère des clercs paresseux et mondains, peut-il écrire : « Je connais, Dieu le sait, dans les six diocèses du Rhin, beaucoup, et même d'innombrables bons pasteurs parmi les prêtres séculiers. Ils sont riches en savoir, bien préparés à la charge des âmes, et d'une grande pureté de mœurs. Je connais, aussi bien dans nos cathédrales que dans nos églises abbatiales, des prélats accomplis, des chanoines, des vicaires dignes de tout respect. Je connais non-seulement quelques clercs, mais une foule de prêtres dont la réputation est sans tache, et qui sont remplis de zèle, de charité, d'humilité dans le service des pauvres. » A un autre endroit, Wimpheling parle du grand nombre de clercs, fils des bourgeois les plus considérés du pays, honorés du litre de docteurs de la sainte théologie, et promus par la grâce de Dieu dans un grand nombre de paroisses. « Peut-être qu'autrefois », ajoute-l-il, « de tels hommes faisaient défaut; mais de nos jours, grâce à l'imprimerie, découverte dont Dieu a favorisé notre pays, beaucoup d'hommes vraiment instruits, vraiment dignes de conduire les âmes2, entrent tous les jours dans l'Église. »

présents. Dacheux, Geiler de Kaisersberg, p. 39. C'est à ce synode que Geiler prononça son foudroyant discours contre les conseillers laïques des évêques, discours grave el enjoué tour à tour. [Sermones et varii tractatus Kaysersbergii, fol. 13.) Wimpheling disait à propos de ces conseillers laïques : « Sciât sacerdos se ab indoctis et illiteralis plerumque episcoporum consulibus, scribis, satellitibus iminerito vexari, opprimi, floccipendi. « Rieggeu, Amœnitaies litt., p. 176. Voy. aussi Zcits.jür die Geschichte des Oberrheims , t. XXVII, p. 227-326, 385-454.

1 Voyez-en la liste avec les cilations à l'appui, dans le travail intitulé : Das Luthermonument zu Worms, p. 118-120 (Mayence, 1868). ■ On trouve beaucoup de bons supérieurs », disait Geiler, qui a déploré plus que personne les abus ecclésiastiques de son temps {Emisscn, Strasbourg, 1517). « Si tu passes en revue les évêques de notre temps, tu verras que nous avons beaucoup de pieux prélats, par exemple les évêques de Ramberg, de Worms, de Trente, etc. » .

1 Voy. Rieccek, Amœniiates Hit., t. il, p. 280,369. Luther a dit avec exagéra-

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