PLANS DU PARTI R É VO LUT IONN A 1 R E DE LA NOBLESSE
lui, Absberg, qui avait fait le coup, et se chargerait du reste. Georges de Giech, Wolf Heinrich et Hans Georges de Aufsess, étaient au nombre des compères, receleurs, et complices secrets « d'Absberg. Ces brigands trouvaient abri et prolecf ion jusque dans les possessions du margrave Casimir de Brandebourg'. Mangold d'Eberstein, seigneur de Braiidenstein, le seigneur de Rosenberg, d'autres encore, se montraient à peu près aussi féroces. Marguerite de Hosenberg, femme de Mangold, se plaisait à donner des conseils praliques aux chevaliers brigands qu'elle recevait à sa table. « Lorsqu'un marchand ne tient pas la promesse qu'il vous a faite », disait-elle à ses hôtes, « coupez-lui pieds et mains, puis laissez-le par terre, étendu sur le sol2. » Sickingen, qui avait été pendant de longues années l'effroi des paisibles bourgeois, comptait parmi ses affidés, maintenant que selon son expression il songeait à une « expédition que nul empereur romain n'avait osé entreprendre avant lui », plus d'un camarade qui, en maint endroit, « avait bien souvent trouvé l'avoine de ses chevaux dans la bourse du prochain3 ».
Martin Bucer, prédicant de Strasbourg, ancien Dominicain, plusieurs fois employé par Sickingen à des missions évangéliques, écrivait de Strasbourg à son ami Sapidus (7 juin 1522) 4 : « Il faut que je m'en retourne le plus vite possible auprès de Sickingen. 11 songe à me confier une fois de plus une mission importante. 11 m'a fait promettre de revenir auprès de lui prompt ement, et sans doute pense à m'envoyer en Saxe. Prie le Seigneur, toi et les tiens », continue-t-il sur le ton biblique qui était alors à la mode, « qu'il daigne assister mes chevaliers, Sickingen et Hülfen. Tous deux sont enflammés d'un tel zèle pour l'évangile, qu'ils sont prêts à exposer avec joie pour sa cause leurs biens, leur fortune et leurs vies. Jusqu'à présent leurs efforts ont été heureux, et si Dieu ne se détourne de leur entreprise, la tyrannie des grands pourra bien être abattue. Que le Seigneur fasse tout ce qui sera agréable à ses yeux! Si je ne m'abuse, une révolution grandiose et universelle est toute proche de nous, et les retardataires prudents et anxieux n'en attendront pas longtemps l'avènement, qu'ils le veuillent ou non5. »
' Voy. la relation de ces faits dans Baader, p. 28-29, 35, 40-41, 45-î6.
* Eberstein, Fehde Man'jolt's von Fbersiein mit der Reichsstadt Nürnberg, p. 72. Hans de Walsa, dans une lettre de défi adressée a l'archevêque Léonard de salzbourç, lui annonce qu'il se dispose à brûler, piller, poignarder, couper les mains, en un mot a faire de son mieux. ■ Ci-joint la date du jour où vous verrez monter la fumée », dit-il en terminant. — Voy. Roth de Schreke.nstein, Reichsrilterschaft, 2', p. 247, note 2.
J Voy. .Joug, p. 67.
* vöy. Ulmann, p. 286.
* Baum, Capitu und Butter, p. 141-143.