II
o-;4 DOLÉANCES DES VILLES. 1522.
gneurs, onze princes welches et sept princes allemands refusaient de contribuer au maintien de ces deux grands organes du droit. « Si Ton n'y apportait un prompt remède, leur arrêt, leur dissolution était à prévoir, et la rébellion, l'émeute, le mépris de toute équité, en seraient les conséquences inévitables. » Mais les « délibérations sur les remèdes à apporter au mal » venaient à peine de s'ouvrir, que les Ordres, < qui dans le péril actuel auraient dû tout faire pour rester unis, commencèrent à s'aigrir les uns contre les autres » . C'était chose « vraiment lamentable à voir, et presque capable de faire désespérer » ! Chacun se plaignait d'être plus imposé que son voisin, et rejetait sur les autres la faute de la misère et du malheur public1. En un mot, « toutes les plaies de l'Empire semblaient se rouvrir à la fois2 ».
Les délégués des villes se plaignaient à bon droit de n'avoir pas été invités à prendre part aux délibérations de la Diète; on s'était contenté de les informer de ce qu'il avait plu aux électeurs, princes et autres Ordres de décider. « Les électeurs et princes sont d'humeur et d'avis » , disait le député de Francfort dans une de ses dépêches, « de n'accorder désormais aux villes ni rang ni voix dans les assemblées et dans les discussions publiques. Ils se proposent de les en exclure totalement 3. » Or un tel procédé semblait naturellement « inacceptable » aux députés urbains, en sorte qu'ils résolurent de mettre l'occasion à profit pour dire une bonne fois leur sentiment, et » s'ouvrir franchement sur tous leurs griefs ». Ils préparèrent donc un cahier de doléances.
« Jusque-là », disaient-ils, « les villes avaient tenu le même rang que les autres Ordres dans les Diètes de l'Empire. Appelées aux délibérations des États généraux, leur avis y avait toujours eu un grand poids. Elles avaient eu voix au Conseil, « il y avait de cela fort peu de temps encore », tout aussi bien que les princes et autres États, et leurs députés avaient donné leur avis sur toutes les questions mises en délibération par l'assemblée. « Maintenant, elles n'étaient même plus représentées au Conseil; les affaires étaient discutées et décidées sans leur participation. » Or, dans les pénibles circonstances actuelles, l'union de tous les Ordres était indispensable. Elles exprimaient donc le vœu que les choses fussent rétablies dans leur premier état.
Les autres griefs des députés urbains avaient trait aux extrêmes lenteurs de la justice executive, et surtout aux guerres privées, qui
: ■ Lettres de clément Endres, Trêves, 27 novembre 1522. Voy. Trierischen Sachen und Brieficka/len, fol. 52.
* Voy. llOFLKR, Adrian il, p. 252.
3* Hamann de Holzhausen,17 décembre 1522. Frankfurier Ileichttagsacten, t. XXXVI, fol. 102.