‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 472 sur 630 · LA DIÈTE REFUSE L'IMPOT TURC · texte numérisé non relu

LA DIÈTE REFUSE L'IMPOT TURC

pas seules à souffrir du fléau des guerres privées; tous les Ordres avaieni à s'en plaindre comme elles, et les États se disposaient précisément à prendre d'importantes mesures pour le maintien de la paix publique. Les impôts étaieot certainement lourds, mais ils avaient été établis par l'Empereur lui-même, et il ne se pouvait faire que les Ordres s'arrogeassent le droit « d'entraver, d'affaiblir en quelque chose la main et le pouvoir de Sa Majesté Impériale ». Pourquoi les villes n'avaient-elles pas apporté leurs doléances devant l'Empereur lors de son séjour à Worms? Quant aux plaintes formulées contre les tribunaux ecclésiastiques, on était en ce moment même en pourparlers avec Rome, sur la proposition même du Saint-Père. Les ordinaires étaient les premiers à souhaiter que dans leurs juridictions, les règles de l'équité fussent remises en honneur. Pour les monnaies, c'était surtout clans les villes libres qu'elles avaient été altérées par divers procédés malhonnêtes'.

fCes réponses « insultantes, ironiques, méprisantes », écrivait le 2'y janvier 1523 Hamann de Holzhausen au conseil de Francfort, « mécontentent vivement les députés urbains. Aussi, après s'être réunis, ont-ils résolu de ne rien répondre, de ne consentir à rien, et de ne pas apposer leur signature aux procès-verbaux préparés parles États. » Il écrivait le même jour au bourgmestre de Francfort, .Jean de Glaubourg : « Pour des nouvelles, je n'en ai pas à vous mander, si ce n'est que le tour que prennent les événements et les dissensions de la Diète font craindre que de graves querelles et des émeutes ne viennent à se produire! Que Dieu, par sa grâce et miséricorde, détourne de nous de si grands malheurs! Cette Diète, convoquée pour assurer la paix, n'a jusqu'ici d'autre résultat que les querelles et les disputes auxquelles nous ne cessons de nous livrer'. »

Mais ces dissentiments devinrent d'une extrême gravité lorsqu'il s'agit de s'entendre sur la guerre contre les Turcs.

Les députés des villes ne voulurent ni concéder, ni payer « l'impôt turc décrété à Nuremberg ». « Les cités », disaient-ils, « comparativement aux autres Ordres, sont, d'après ce plan, intolérablement surchargées. » Ils refusèrent également la prestation d'aucun secours soit eu argent, soit en troupes, pour la formation de l'armée de quatre mille hommes dont les autres Ordres avaient garanti la levée

'* Antwort auf die Supplikation der Städte, lleichslagsacten, t. XXX VIII, fol. 347-357. D'après la lettre d'IIolzhausen datée du 25 janvier (voy. la note suivante), cette réponse fut remise le vendredi après saint Sébastien (23 janvier) 1523.

3 ' Ces deux lettres sont datées du dimanche de la conversion de saint Paul (25 janvier; 1523. Reichtlagsacten, t. XXXVII, fol. 19-20.

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