‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 473 sur 630 · LA DIETE REFUSE L'IMPOT TURC · texte numérisé non relu

LA DIETE REFUSE L'IMPOT TURC

aux ambassadeurs de Hongrie présents à la Diète (19 décembre 1522). La Hongrie, la Croatie, dans le plus extrême péril, avaient imploré l'aide et le secours des États'. « Si nous revenons chez nous sans réponse favorable », avaient-ils déclaré, « les habitants de nos malheureuses contrées, perdant toute espérance, changeront de sentiment et se tourneront vers les Turcs*. » Mais les délégués des villes restèrent impassibles et persistèrent dans leur refus, même en apprenant que les chevaliers de Saint-Jean, après une héroïque résistance, s'étaient vus contraints de céder à la toute -puissance ottomane et d'abandonner Rhodes, l'un des plus importants boulevards de la chrétienté. Les villes avaient plusieurs fois émis l'opinion qu'il leur paraissait absolument impossible, inutile et vaiD, de songer à combattre et à chasser les Turcs avec les seules forces de l'Allemagne. Le Pape et tous les rois et pouvoirs chrétiens devaient s'unir pour les refouler; mais si la nation allemande avait l'imprudence d'entreprendre à elle toute seule une pareille croisade, elle ne recueillerait d'une guerre impossible que mépris, ruine et dommage. Dans le cas où les Turcs pénétreraient au cœur même du pays, alors, disaient leurs délégués, chaque Ordre, chaque commune, les pouvoirs spirituels et temporels réunis auraient à voter un impôt obligeant certaines classes de citoyens, mais laissant à toute commune la tâche d'imposer elle-même ses bourgeois et ses subordonnés. Les sommes ainsi recueillies subviendraient à l'entretien des troupes3. « On ne sait plus ce que c'est que la concorde en Allemagne », mandait à Home le légat Chieregato. « Il faudra s'estimer bien heureux si l'on parvient à faire voter un très-mince secours pour la campagne turque. Mais quant à savoir s'il sera vraiment fourni, l'avenir seul nous l'apprendra. » Le légat ayant demandé que, selon la volonté de Charles-Ouint , les troupes accordées à l'Empereur pour l'expédition romaine à la Dièle de Worms fussent levées le plus tôt possible, les Ordres répondirent que depuis que cette promesse avait été faite

1 " Pour plus de détails, voy. Saeri imperii ordinumfinalis responsio Ungar icis oratoribus data in comiliis Xureinbcrgensibus die Vcneris posl Lucie (19 décembre) 1522. Reichstagsacten, t. XXXVIII, fol. 21-25. On promit aux Hongrois que le Pape, l'Empereur, la Bohême, l'Angleterre, la France, Venise et les autres puissances chrétiennes délibéreraient ensemble en un lieu convenable, par l'organe de leurs ambassadeurs, sur les meilleurs moyens à prendre pour leur venir en aide. — Reichstagsacten, t. XXXVHI, fol. 10.

1 ' Voy. Rathschlag dir vom grossen Ausschuss verordneten Käthe, was der ungarischen Botschaft wegen der begehrten Hülfe, zu antworten sei. Reichstagsacten. t . X \ X \ III, fol 7-12.

3 ' Abschiedder PoUichaflen derFrey-und Reichsstctt soyetzo auffürgcschlagenem Reiclislag zu Nuremberg versandt i gevesen. — Voyez aussi une leltre de llolzhausen datée du 15 décembre 1522. Reichstagsacten, t. XXXVI, fol. 95-105. I,e 19 décembre, les délégués des cités réunis à Nuremberg prièrent instamment les villes dont les députés n'étaient pas encore arrivés d'envoyer sans retard leurs représentants à la Diète, à cause du danger pressant et de l'angoisse générale. Fol. 104.

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