DIÈTE DE NUREMBERG. IMPOT DE FRONTIÈRE
l'état intérieur de l'Allemagne avait empiré de telle sorte, qu'il serait imprudent et même impossible d'envoyer pour le moment une si forte armée loin du pays '.
Mais les discussions entre les villes et les autres Ordres furent surtout envenimées par un projet de douane préparé par les États, et que les villes déclarèrent « absolument odieux, et visiblement combiné dans le dessein de préparer leur ruine totale ».
« Pour l'entretien de la Chambre impériale et du Conseil de régence, pour assurer au pouvoir exécutif le respect, la liberté d'action et la possibilité de se faire obéir », les États proposaient d'établir un impôt sur toutes les denrées qui ne sont point indispensables aux premières nécessités de la vie. Cet impôt devait être exigible aussi bien pour l'exportation que pour l'importation, et se monter à 4 0/0 sur le prix d'achat 2.
Une telle mesure, assuraient les députés des villes dans un second cahier de doléances envoyé aux États le 2 février 1523, « était fait pour ruiner entièrement le commerce et pour soulever les populations. Tous les ouvriers, tous les bons travailleurs se verraient contraints de chercher une autre patrie. L'Allemagne serait absolument dépouillée! Si les princes persistaient à la soutenir, il serait impossible aux villes de signer le procès-verbal 3. »
Les autres Ordres répondaient : Le nouvel impôt n'augmente en rien les charges du peuple, puisque les marchandises indispensables à la vie de tous les jours, vin, bière, bœufs, moutons, porcs et autres bestiaux, fromage, sel, graisse, poisson frais ou salé, cuivre et cuir, restent affranchies de toute taxe; les choses dont on peut se passer sont seules imposées. Chacun, par conséquent, ne sera onéré qu'autant qu'il le voudra bien, et dans la mesure de ses besoins de
1 * liesponsum nuntio aposlolico datum in re Hungarica, dans les fteichslagsaclen, t. XXXVHI, fol. 38-43. En Allemagne, y lit-on, non parva bellorum intestinorum subpullulant fomenta, ex quibus maxime timendum, ne subito non médiocre erumpat incendium. Ob id, cum res Germanise iam sint in longe deteriori conditione et statu, quam eo tempore, cum auxilia illa Cesareae Maj. décréta fueranl, summa Providentia, consilio et deliberatione opus est, an nunc expédiât, tantas copias a Germania mittere. » On lit dans le dialogue intitulé Entretien de Franz de Sickingen avec saint Pierre et saint Georges à la porte du paradis : « Pendant les deux diètes de Nuremberg on a tenu environ trente banquets contre les Turcs, sans parler des courses, combats, promenades en traîneaux, représentations de jongleurs, et autres sérieuses mesures. » Schade, Satiren, t. II, p. 59.
s Le projet d'impôt général sur les marchandises avait été élaboré par le margrave Casimir de Brandebourg-Culmbach. Voy. son mémoire dans IJôfler, Friinkiteht Studien, t. VIII, p. 309-310.
:1 ' Die Eingabe der Stiidte auf unser lieben Frauentag Purificalionis (2 février) 1523. — \ oy. aussi les remontrances de l'archiduc Ferdinand datées du 9 février, et la réponse des villes le même jour. — Keichstagsaclen, t. XXXVIII, fol. 365-375, 378- 3 87.