DIÈTE DE NUREMBERG. IMPOT DE FRONTIÈRE
luxe. « Comme l'impôt était destiné à l'entretieu du Conseil de régence et de la Chambre impériale, au mainlien de la paix publique, à la sécurité des routes, et que, grâce à lui, la paix et le bon ordre allaient refleurir dans l'Empire, il tournerait autant à l'avantage des marchands qu'à celui de la classe ouvrière. Dans les pays étrangers, comme personne ne l'ignorait, un impôt analogue et même plus onéreux avait été établi pour la garantie des intérêts communs, et ni le commerce ni les affaires en général ne semblaient en avoir souffert. Au contraire, la prospérité de ces pays s'était encore accrue, parce que la sécurité des routes avait été obtenue : c'est ce qui arriverait égalemenl en Allemagne. En outre, il fallait considérer que la douane de frontière serait surtout préjudiciable aux pays étrangers, à la Bohème, à la Hongrie, à la Pologne, à l'Angleterre, où allaient et d'où venaient continuellement les marchandises imposées. Puis, comme l'expliquait avec détail le texte de la loi nouvelle, l'impôt n'était établi que pour cinq ans environ, à moins que l'Empereur et les Ordres n'en décidassent plus tard différemment. Pour tous ces motifs, il y avait lieu de s'étonner que les délégués des cités ne voulussent apercevoir dans la nouvelle taxe qu'une odieuse vexation, et missent l'avantage de quelques marchands au-dessus de l'intérêt de tant de milliers d'hommes. » Quant à ce qui concernait les griefs apportés de nouveau par les villes touchant « le siège et la voix », les Etats se proposaient de les soumettre à l'Empereur, ainsi qu'aux membres de l'assemblée absents pour le moment, et à la prochaine Diète les villes recevraient une réponse positive. Mais quand bien même, comme elles le désiraient si ardemment, elles obtiendraient voix délibérativeau Conseil, elles ne devaient pas s'attendre à ce que leur avis pût jamais contre-balancer les décisions de la majorité des Ordres, car ce serait là * une nouveauté inouïe, une tyrannie nonpareille. Il ne se pouvait que la volonté de tous ou de la majorité fût anéantie dès l'instant qu'elles n'y voudraient pas souscrire; les États refuseraient toujours de s'assujettir ainsi à leur bon plaisir1. »
A mon avis », écrivait Léonard d'Eck, chancelier de Bavière, au duc Guillaume, « les villes ne consentiront jamais à l'impôt de frontière; elles s'adresseront probablement à l'Empereur lui-même, ou bien à Ferdinand, et si la Chambre impériale ou le Conseil de régence veulent leur forcer la main sur ce point , quelques-uns pensent qu'elles pourraient bien se tourner vers les Suisses, ou bien vers les Français ». »
1 ' Antwort auf die Supplikation der Städte, lieichstagsaclcn, t. XXXVIII, p. 388-400.
* Voy. Jörg, p. 14-ïft. Eck parlait avec la plus vive indignai ion de l'impôt de frontière. .Selon lui, il ne pouvait avoir d'autre résultat que l'oppression de tous les princes et Ordres. • Ce même argent qui court maintenant chez nous par tant