‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 476 sur 630 · LE CONSEIL DE REGENCE ET LES QUESTIONS RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

LE CONSEIL DE REGENCE ET LES QUESTIONS RELIGIEUSES

Mais les questions religieuses demeuraient le point le plus grave des discussions de la Diète.

Le Conseil de régence, depuis son entrée en exercice, n'avait eu nulle part « le pied solide » sur le terrain religieux. Il s'était contenté de laisser aller les choses un peu à la dérive, « tantôt penchant vers Luther, tantôt s'opposant à ses progrès ». 11 avait accordé si peu d'attention à l'édit de Worms, dont l'Empereur avait cependant réclamé l'exécution avec une vive instance, qu'à Nuremberg même, « les livres luthériens étaient imprimés et vendus publiquement, et que dans quelques chaires les prédicants prêchaient en toute sécurité leur évangile, criblant tous les jours de grossiers outrages le Pape, lesévêques, les commandements de l'Église et les traditions les plus vénérables ». Les juristes en droit romain, nombreux au Conseil, étaient pour la plupart ennemis déclarés de l'ancien étal de choses, - et fort amoureux des trésors et des biens de l'Église ». Ils aspiraient à l'heureux moment où les biens du clergé seraient partagés et où, la « morgue cléricale » étant humiliée, les évêques et le Pape n'auraient plus aucun pouvoir sur eux. Alors, pensaient-ils, le règne des laïques, le temps où les légistes prendraient la place des princes et des bourgeois, serait inauguré avec éclat '. En vain le duc Georges s'était-il plaint à plusieurs reprises au Conseil des insultes dont Luther ne cessait d'accabler le Pape, l'Empereur, les princes du Saint- Empire et le Conseil lui-même : le Conseil, lorsque ces libelles lui avaient été présentés, s'était contenté d'écrire au duc : Nous voyons que les outrages proférés contre Sa Sainteté et contre Sa Majesté Impériale déplaisent fort à Votre Grâce, et nous faisons savoir à Votre Grâce que nous ne tolérerions pas davantage l'injure faite à Sa Majesté, si nous pouvions voir de nos yeux et nous rendre compte par nous-mêmes'. « La vérité, c'est qu'on ne voulait rien savoir, rien

de mille florins ira à la maison d'Autriche et y demeurera! Grâce à ces contributions, il (l'empereur Charles) pourra exiger des Allemands l'obéissance française et welche, et les mettre sous ce joug qui semble pourtant si intolérable à tous nos princes. » Eck gourmande les princes qui ont donné leur assentiment à ce projet : « En cela, nous voyons assez combien Dieu vous a rendus aveugles, princes, pour que vous tombiez ainsi dans la panneau les yeux ouverts, comme des oiseaux dans un piège d'oiseleur! » — Voy. Joug, t. XIV, p. 16.

1 * Clément Endres dans la lettre citée plus haut, p. 274, note 1.

» Voy. la correspondance du duc Georges avec l'autorité ecclésiastique par rapport à Luther, 1522-1523, dans Ciimel, Ademiüche, p. 21-24, 36-39, 53-56. Voy. aussi B0FLXK, Zur Kritik und Quellunhunde ,t. II, p. 138-142. Mans de la Planitz à l'électeur Frédéric, le 14 mai 1522, dans Kolde, Friedrich der Weite, p. 63.

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