‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 483 sur 630 · BI.D · texte numérisé non relu

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d'être attentifs à leurs ordres? (Juels ne sont pas les mérites des magistrats et des autorités qui dirigent leurs administrés selon la justice, les protègent et leur assurent la sécurité et la paix? En somme, il n'y a point de condition dans la chrétienté qui ne soit méritoire, dès qu'on cherche à en accomplir les devoirs avec zèle et conscience, dans la foi, dans la charité, et en vue de Dieu. Ceux qui enseignent que nos bonnes œuvres ne peuvent être que des actions de grâce, qu'elles ne sont ni méritoires, ni nécessaires au salut, sont de purs hérétiques et de faux prophètes, qui vont contre la croyance de l'Église chrétienne et contre les décisions de ses docteurs. Il est vrai que nous devons louer et remercier Dieu chaque fois que nous avons accompli une bonne action, puisque sans sa grâce et sa protection nous n'aurions pu ni l'entreprendre ni l'achever; mais celte juste reconnaissance n'empêche point que chaque œuvre ne conserve sa valeur; or le jeune, la prière et l'aumône en ont une qui leur est propre. Chacune de ces saintes actions a son mérite spécial et sa récompense particulière, de sorte qu'un jour les humbles seront élevés, ceux qui pleurent consolés, les affamés de justice rassasiés, et que tous ceux qui auront fait ou souffert quelque chose pour l'amour de Dieu serout récompensés pour cela même, et d'une manière spéciale, car le Seigneur l'a expressément promis par ces paroles : *< liéjouissez-vous et tressaillez d'allégresse, parce que votre récompense sera surabondante dans le ciel. » Voilà la saine doctrine catholique et évangélique l. »

Emser revient à plusieurs reprises sur l'importance des bonnes œuvres pour le salut; il y insiste particulièrement dans les pages où il réfute les opinions de Luther touchant les vœux religieux : « Luther prétend que ces vœux sont contraires aux commandements de Dieu parce que, selon lui, les religieux se fondent sur un principe impie, con'raire à Dieu, et s'imaginent gagner le paradis par leurs œuvres et leur genre de vie; doctrine judaïque, dit-il, blessant le premier, deuxième et troisième commandement. » « Il ne se lasse pas

1 Bl. I)3-* cl L. Voy. i- * et (•-. La doctrine de l'Église sur les bonnes œuvres est très-fréquemment traitée dans les écrits apolitiques et polémistes composés pour le peuple .'i cette époque. Plusieurs de ces écrits sont de véritables modèles, et ont gardé toute leur valeur. Voy. deux brochures de Jean Dietenberger (1523 et l~'-4), intitulées : La foi suffit-elle pour le sa/ut? et : Les chrétiens peureut-Us mériter le ciel par Lurs bonnet œuvra? — Dans l'une et l'autre domine cette pensée: ■ Nos bonnes œuvres n'excluent pas la grâce de Dieu, mais elles en sont accompagnées, et s'accomplissent par un effet de la miséricorde de Dieu. » Par conséquent ■ personne ne peut se croire sauvé par la foi de ses propres œuvres; nous devons tous mettre noire unique espoir en la miséricorde de Dieu, source de nos bonnes actions. Nous n'avons rien en propre dont nous puissions nous };lonher, même nos meilleures actions. • Un trailé non moins excellent, c'est le Miroir de la liberté évangélique (1524). Les tristes conséquences de la doctrine de la justification par la foi seule y sont déjà indiquées. Voy. Bl. B.

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