‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 487 sur 630 · ALLIANCE ENTRE L'EMPEREUR ET LE PAPE · texte numérisé non relu

ALLIANCE ENTRE L'EMPEREUR ET LE PAPE

de l'argent en abondance, et je puis faire servir les biens de l'Église à mes desseins. Aussi je ne crains pas le roi d'Espagne; je trouverai jusqu'en Allemagne des alliés pour le combattre. »> Il se vantait d'avoir sur tous les points l'avantage sur son rival1. L'héritage légitime de l'Empereur, la Bourgogne, était entre ses mains, ainsi que le fief impérial du Milanais, et presque toute la Lombardie, avec Gènes; il était devenu l'allié des Vénitiens. Par un traité conclu le S mai 1521 avec les Suisses, il avait réussi à mettre dans ses intérêts ces utiles auxiliaires'2. Eu Allemagne, à la vérité, il n'avait pas encore de partisans déclarés; cependant, dès l "»22, les bons patriotes allemands3 se plaignaient que non-seulement les Suisses, mais une foule de sujets de l'Empire, nobles aussi bien que roturiers, se mettaient au service de la France, et devenaient les ennemis de leur pays dès qu'ils étaient gagnés par l'espoir d'une bonne solde. Contre cette trahison envers la patrie, tous les ordres publiés par l'Empereur et le Conseil de régence restaient sans effet s.

Pour mettre un frein à l'ardente ambition de François Ier, et de peur qu'il ne vint à se reudre maitre de toute l'Italie, l'Empereur, le S mai 1521, conclut un traité d'alliance avec Léon X; les deux souverains s'engageaient à unir leurs efforts pour chasser les Français de la Péninsule; le Milanais et Gênes devaient être rapportés à l'Empire, mais conserver leurs ducs, tout en reconnaissant la souve-

1 Rapport de Clément Endres. Voy. plus haut, p. 324, note 1.

* L'Empereur avait une haute idée de la valeur militaire des Suisses. On lit dans une instruction donnée par lui à ses ambassadeurs auprès de Henri Vin : « C'est l'universel repos de toute la chrétienté de les tenir lyés à la bonne et sainte intention... de nous... » « C'est le secret de tous les secrets de les gaigner,quoy qu'ilz coustent ... • « c'est le principal de toutes nos affaires. » Lanz,

.Icteitsltïihc und Briefe, t. I, p. 106-107. 3 Voy. Lucubrationes, 79.

* * Dans les archives de Francfort, Kaiserschreiben, 8, n° 22, se trouve une lettre du lieutenant d'empire Ferdinand et du Conseil de régence (11 octobre 1522) adressée au conseil de la ville : « Nous avons été informés ••, y est-il dit, « que Georges Langenmantel, d'Augsbourg, enrôle à Francfort des hommes d'armes pour le roi de France. Le conseil doit se saisir de sa personne et savoir de lui qui lui a fourni lesmoyensde payer lasolde de ses hommes. • Dans unrescrit impérial daté du 7 mars 1523 (lieichsacten,t. 37, fol. 31), on lit : « Des ordonnances précédentes, répandues dans tout le royaume, ont interdit aux nobles et aux soldats, sous peine de perdre la vie et les biens, de suivre et de servir, soit comme homme de pied, soit comme cavalier, le roi de France, qui porte injustement la guerre dans les États de l'Empereur. Mais l'Empereur sous ce rapport n'a jusqu'à présent rencontré aucune obéissance, zèle ou bon vouloir parmi les Ordres ou autorités qui auraient dû exercer la surveillance. Au contraire, il remarque avec tristesse qu'à son grand détriment beaucoup quittent l'Empire ou les principautés héréditaires pour se joindre aux armées ennemies. Il renouvelle donc encore une fois ses ordres, et cela de la façon la plus pressante. ■

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