‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 488 sur 630 · GUERRES D'ITALIE. PROGRÈS DES TURCS · texte numérisé non relu

GUERRES D'ITALIE. PROGRÈS DES TURCS

raineté de l'Empereur. Parme et Plaisance, dont François 1er venait de s'emparer, devaient revenir aux Etats de l'Eglise. L'Empereur s'engageait à soutenir les prétentions du Pape sur Ferrare; Léon \, à son tour, promettait de défendre les droits de Charles-Quint sur Venise, et lui assurait son appui pour la défense de Naples. Henri VIII, après s'être convaincu que la paix avait été bien réellemeut violée par François Ier, entra, lui aussi, dans une étroite alliance avec l'Empereur. Les Français ayant attaqué Reggio, ville des États de l'Église (24 juin 1521), celte agression devint le signal de la guerre.

« Bientôt je ferai mon entrée à Rome, et j'y dicterai mes lois au Pape1 »; tel était, en août 1521, le confiant espoir de François. Mais il se faisait de grandes illusions. En novembre, les Français se voyaient contraints d'abandonner Milan; en avril 1522, ils perdaient la bataille de la Bicoque, et presque tout le Milanais se soumettait aux Impériaux. Gênes était également soustraite à leur domination. Les deux duchés conservèrent leurs souverains naturels et leurs anciennes consul ut ions. « Grâce à la vaillance de nos lansquenets et à Georges de Frundsberg leur général », répétait-on en se félicitant en Allemagne, « nous avons enfin reconquis les pays qui, durant des siècles, avaient appartenu à l'Empire, et l'aigle impériale y plane de nouveau , comme dans notre glorieux passé 2. »

Mais la joie de ces heureux événements et le contentement que lui causait la pacification de l'Espagne, furent plus que tempérés pour l'Empereur, au rapport de l'archiduc Ferdinand, par la douleur que lui faisait éprouver le péril toujours plus grave de l'invasion turque 3.

Le sultan Soliman, après avoir conquis Belgrade, « l'un des yeux de la chrétienté » (août 1521), était sur le point de s'emparer de Rhodes, le second rempart des chrétiens en Europe. « Si les Turcs réussissent dans leur entreprise », écrivait l'Empereur à Poupet de la Chaux (25 août 1522), « la Hongrie étant déjà affaiblie et presque anéantie, la porte leur est ouverte, la clef leur est donnée; ils peuvent aussi bien entrer à Naples et en Sicile que dans les États de l'Eglise, et lorsqu'ils auront conquis ces pays, il leur sera bien facile de s'emparer du reste de l'Italie et de ruiner la chrétienté tout entière. Vous savez que nous avons été entraînés dans la grande et coûteuse lutte actuelle sans qu'il y ait eu aucunement de notre faute; notre trésor en a fortement souffert, et nous aurions, pour ces motifs, de

1 ' Rapport de Clément Endres, 17 août 1521. Trierische Sachen und Briefschaften, fol. 67.

2 * Lettre de Charles de Bodmann, sans date. Voy. plus haut, page 162, note 5.

3 Charles de Bodmann, dans la lettre citée ci-dessus.

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