‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 490 sur 630 · ALLIANCE CONTRE LA FRANCE · texte numérisé non relu

ALLIANCE CONTRE LA FRANCE

Le speaker du Parlement ne se fil point faute d'exprimer à ce sujet sou opinion sur la France : » L'ambition des Français est insatiable », dit-il; « n'eussions-nous avec eux aucun différend, nous devrions encore détester la déloyauté dont ils usent vis-à-vis des autres nations. Dès qu'on ne les tient pas sous la verge, ils deviennent la verge des autres peuples'. » A Rome, François entretenait des relations secrètes avec le cardinal Soderini , auquel le trop crédule Adrien avait accordé toute sa confiance. Soderini informa le roi de France qu'une nouvelle révolte était sur le point d'éclater en Sicile contre l'Empereur, l'invitant en même temps à soutenir par sa flotte l'entreprise des rebelles, cette émeute pouvant devenir le signal du soulèvement de la Lombardie et de l'entrée des Français en Italie. Mais les dépècbes qui contenaient les preuves de cette négociation lurent saisies, et le Pape, irrité de la trahison de son ministre, le fit jeter en prison et le cita devant la justice. Aussitôt que François l'eut appris, il entra en fureur, rappela brusquement l'ambassadeur accrédité qu'il avait auprès du Saint-Siège, fit incarcérer le nonce à Paris, et adressa à Adrien, qui le menaçait d'excommunication, une lettre bautaine, où il le priait de méditer sur le sort autrefois réservé à Boniface VIII. « Le pape Boniface VIII entreprit contre Philippe le Bel, dont se trouva mal, » lui écrivait-il; < vous y penserez, par votre prudence. » On sait que sur l'ordre de Philippe le Bel, Guillaume Nogarel ayant mis la main sur Boniface VIII lui avait fait subir d'indignes traitements. Le Pape, intimidé par cette menace, se détermina enfin à conclure avec l'Empereur et le roi d'Angleterre un traité d'alliance contre François Ier. Venise s'était déjà déclarée pour l'Empereur, et le 29 juillet 1523 s'était unie à l'archiduc Ferdinand pour la défense de l'Italie. D'autres princes et cités* italiennes vinrent encore grossir la ligue, et l'on put se flatter de l'espoir « qu'enfin les Alpes seraient protégées, et que sous Adrien VI, pontife éminent en piété, on pourrait organiser la campagne turque * :. Les alliés espéraient d'autant plus que l'orgueil français allait être abattu, que le connétable Charles de Bourbon, grièvement offensé par François Ier et lésé dans ses droits d'héritier, était venu à l'improviste offrir son appui à Charles- Ouint. Le duc s'était même engagé à reconnaître pour futur souverain le roi Henri VIII, qui n'avait jamais renoncé aux anciennesprétentious de ses ancêtres sur la couronne de France 3.

1 Pour plus de détails, voy. Hoflek, Cari V und Adrian VI, p. 10, 40-44, et Adrian VI, p. 433. — Sur la haine des Anglais pour les Français, voy. la relation du 14 avril 1521 dans Laaz, Acienstücke und Briefe, t. I, p. 170.

* Pour plus de détails, voy. IIofleix, Carl l und Adrian VI, p. 45-47, 51-64, 69-72.

3 Bourbon dut jurer au roi d'Angleterre « juramenlum homagii et fidelitatis ...quod ipse nos pro vero rege Franciae recognoscet et acceptabit nobisque

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