L'ARCHIDUC FERDINAND SUR L'ETAT RELIGIEUX DE L'ALLEMAGNE
plète indépendance du Saint-Siège. Avec eux, l'archiduc Ferdinand ne pouvait assez s'émerveiller de la présomption des États, « osant s'ériger en censeurs et en juges de l'Église universelle et des conciles ».
La situation religieuse avait bien empiré depuis le départ de l'Empereur, écrivait Ferdinand à son frère, et déjà la société était profondément ébranlée par l'anarchie religieuse. Les sectaires, tout en ayant sans cesse à la bouche un Évangile de paix, n'étaient occupés qu'à semer de tous côtés la discorde. Par des pamphlets, toujours écrits en langue vulgaire, non-seulement on excitait le peuple à la haine contre le Pape et les évoques, qu'on dépeignait comme des serviteurs de Satan, mais encore on s'efforçait d'anéantir dans les consciences tout respect pour les sacrements et pour l'enseignement de l'Église; dans maint ouvrage, on allait jusqu'à nier la divinité du Christ. Sous prétexte d'Évangile, des vols étaient publiquement commis; les révoltes, les rixes entre citoyens devenaient de plus en plus fréquentes ; ces faits, dont Ferdinand était tous les jours témoin, le remplissaient d'angoisse pour les destinées de la société civile, toujours si étroitement associées à celles de l'Église; la religion menaçait d'entraîner l'Empire dans sa chute, et Ferdinand conjurait l'Empereur, comme il en avait déjà supplié le Pape, de laisser tomber toutes les querelles privées, et de se hâter de venir en aide à l'universelle détresse des chrétiens, en s'occupant activement de la réforme si nécessaire du clergé. L'Empereur devait songer avant tout à ce qu'il devait à Dieu, de qui il tenait la couronne impériale et tant de beaux royaumes; à ce qu'il devait à l'Église, dont il était le tuteur suprême; enfin aux intérêts de la uatiou allemande, où le cancer dévorant de l'hérésie avait paru en premier lieu. Ouant à ce qui concernait cette assemblée générale des Etats décidée à Nuremberg et convoquée à Spire1, Charles avait le strict devoir de s'y opposer énergiquemeut, puisqu'elle prétendait se prononcer non-seulement sur les intérêts politiques, mais sur la question luthérienne, et par conséquent s'immiscer dans les choses de la foi; or il était souverainement inconvenant aux Ordres temporels de vouloir réformer les Pères de l'Église et les conciles; la vérité évangélique n'était pas l'exclusive propriété delà nation allemande, elle était le bien commun du monde entier; par conséquent elle devait être défendue dans un concile général, et non devant les États de l'Empire d'Allemagne. L'Empereur devait garantir aux
...etiamsi nos manibus et pedibus hune couvent» m libetiter impedivisscluiis parum utilem ci fortassis majoris perturbations fore causam pra-videntes, i i) non potuimus utils rationibus idassequi. .