‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 515 sur 630 · GEORGES DE SAXE SUR L'ETAT MORAL DU CLERGE · texte numérisé non relu

GEORGES DE SAXE SUR L'ETAT MORAL DU CLERGE

ronnantes; on les récompense comme s'ils avaient fait une belle et loyale action; ceux qui les ont engagés à quitter leur genre de vie ne rougissent pas de s'en vanter, bien que la loi de notre pays punisse de mort les religieux infidèles à leurs vœux. Et ce qui est plus triste eucore. celui qu'on ne parvient pas à tirer de son couvent au moyen de prédications ou de lectures, on l'y décide par des promesses d'argent, et lorsque ce moyen même échoue, on le soumet à de tels traitements, à de si révoltantes injustices, qu'il est enfin contraint de céder; alors ces mêmes seigneurs qui, par la ruse ou la force, l'ont ainsi forcé d'apostasier, jouissent de ses bieus comme s'ils étaient leur légitime héritage. D'où il ressort clairement qu'ils mettent bien au-dessus du bonheur de voir Dieu bien servi, la satisfaction de jouir des richesses de ce monde. Nous signalons ces faits, et nul ne les pourra nier. Quant aux offenses faites au Dieu tout-puissant dans le Très-Saint Sacrement de l'autel, quant à ce qui concerne les saints de Dieu, ce qui se passe au milieu de nous paraîtrait affreux, quand bien même les Turcs ou les païens en seraient les auteurs. »

« Nous ne voulons pas dire par là », continue Georges, « que les abus manifestement contraires à la loi de Dieu ne doivent pas être réformés. Si quelqu'un, par suite de l'avarice des prélats et contrairement au commandement de la charité chrétienne, a été injustement chargé; s'il arrive qu'un chrétien persiste dans d'étranges et superstitieuses illusions au sujet de la messe ou des sacrements; si un clerc n'a pas eu une intention droite en entrant dans l'état ecclésiastique, partout, en un mot, où l'erreur a pu se glisser, il faut aviser à la réforme , et c'est l'œuvre des missionnaires ordonnés et envoyés à cet effet par les premiers pasteurs, afin que le peuple ne soit pas détourné de l'unité de l'Église chrétienne. Que si, par ignorance, une pauvre âme a été entraînée dans l'hérésie, il faut s'efforcer, par de sages moyens, par un meilleur enseignement, de la ramener à la saine doctrine. Voilà la conduite louable, loyale et salutaire qu'on devait tenir; et avant tout il faudrait songera instruire le peuple. Mais s'il est advenu qu'un prêtre se soit montré cupide, indigne de ses fonctions, prévaricateur, il ne faut pas réprouver à cause de lui toules les autorités instituées par Dieu, encore moins les remplacer par des coquins défroqués. Si un prêtre a péché en célébrant la sainte messe, toutes les messes ne sont pas pour cela dignes de mépris. Si quelqu'un, dans son ignorance, a cru qu'au moment de l'offertoire Notre-Seigneur allait de nouveau mourir et être crucifié sur l'autel, il faut lui expliquer que c'est mystiquement que le sacrifice du Christ doit être entendu, comme l'Église chrétienne l'a toujours enseigné. Parce qu'un doigt est malade, il ne faut pas châtier tout le corps, mais prendre bien garde que le

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