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LE NOUVEL ÉVANGILE DANS LES VILLES LIBRES

Aux autorités des villes appartenait désormais le devoir d'apprécier eu quoi consistait le « pur Évangile « et ce qui lui était

opposé.

Si quelque cité venait à être inquiétée pour avoir refusé d'obéir à ledit de Worms et se voyait, menacée pour ce fait de quelque grave châtiment, on délibérerait aussitôt dans une réunion nouvelle sur la manière >< de lui procurer aide et conseil > . A la future assemblée de Spire, une confession de foi serait présentée par les villes. Si elle ne concordait point avec les sentiments des différents Ordres1, on s'efforcerait de la leur faire adopter. Si, malgré toutes les explications données, les Ordres persistaient à la rejeter, les délégués urbains, après avoir réfléchi mûrement, auraient recours à la protestation, ou à tout autre moyen jugé nécessaire par eux2.

Par de pareils moyens, il n'était guère possible d'arriver à la « cordiale entente chrétienne » que les villes avaient semblé attendre, lors de la Diète de Nuremberg, de la future assemblée religieuse de Spire.

Les villes songeaient dès lors à s'assurer l'appui de l'étranger. « On m'a affirmé », écrivait l'archiduc Ferdinand à l'Empereur, « qu'à Spire les villes avaient reçu en audience des délégués de Suisse et de Bohême, où elles avaient dès longtemps envoyé des députations. On dit qu'elles se proposent de se créer des alliances à l'étranger pour le cas où l'on prétendrait leur faire violence au sujet de la doctrine de Luther, qu'elles ont coutume d'appeler évangélique3. »

Pour définir exactement les principaux caractères de 1'« Évangile littéral, » on organisa dans plusieurs villes des conférences ou disputes religieuses, auxquelles assistaient généralement quelques membres des conseils. Quelquefois, comme par exemple à Constance, il était permis aux opinants de citer, à l'appui de leurs assertions, des textes hébreux ou grecs; or les conseillers ne comprenaient souvent ni le grec ni l'hébreu, mais cela ne les empêchait nullement de décider en dernier ressort. Un mémoire, adressé au Conseil de régence par les échevins de Constance, pourra nous donner une idée des choses singulières qui se passaient quelquefois en de semblables occasions. Les conseillers de Constance portent plainte contre le Frère Antoine, lecteur des Dominicains, qui, aies entendre, « a prêché contrairement à la sainte Écriture et aux injonctions du conseil ». Le conseil avait enjoint aux prédicants de l'avertir

1 La question « du siège et de la voix » est traitée sommairement dans le recez de la Dicte.

* Abschià aller Frcy-und lleichslell gemeinen Stelltags Moniagnach Margarclha [Juli 18) anno 1524 in der Stade Speyer gehalten. Voy. Der erbern Frein und Ileichstett Abschide der jure 1523-1512. Archives de Francfort.

3 Voy. Bucholtz, t. II, p. 68.

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