‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 574 sur 630 · ÉMEUTES DANS L'0 D E N WA LI · texte numérisé non relu

ÉMEUTES DANS L'0 D E N WA LI

fils de la révolte. « Hipler est un esprit aiguisé, un homme adroit et entendu », disait de lui sou ami Götz de Betiichingen; « il est rare d'en rencontrer qui le vaillent dans les conseils1. »

A l'appel de Metzler, les paysans accouraient de toutes parts. ■ Ils venaient en troupes bruyantes, semblables aux abeilles quand elles essaiment. » Celui qui refusait de les suivre était menacé de perdre les biens et la vie », et de faire ainsi l'expérience de ce qu'il en coûtait de refuser d'être un « frère chrétien ». Élu général en chef, Metzler donn;i rendez-vous à ses troupes, encore grossies par des renforts venus des territoires de Mayence, de Wurzbourg et des États de l'Ordre Teutonique, à l'abbaye de Cileaux, située près de Schönthal, à quatre lieues d'OEringen. Là, tous les bourgeois et paysans qui ne s'étaient pas encore déclarés devaient se présenter à la <- sainte armée », animés des sentiments de la plus pure charité fraternelle, « offrir leur assistance aux frères, et promettre de contribuer au triomphe de la parole de Dieu et de la doctrine de saint Paul > ; les troupes de Metzler s'intitulaient l'a armée évangélique »; les insurgés déclaraient n'avoir d'autre but que le maintien et la protection de la parole de Dieu*. Du 4 au 10 avril, ils campèrent à Schönthal, et s'y conduisirent « comme des bêtes féroces ». Ils profanèrent les autels, volèrent les vases sacrés, qu'ils se partagèrent ensuite, détruisirent les plus admirables chefsd'œuvre, et brûlèrent tout un village, à l'exceptiou de quelques maisons.

Pendant ces jours d'horreur, Götz de Berlichingen, < le chevalier audacieux et vaillant », vint, accompagné d'autres frères chrétiens », rejoindre les paysans3. « II se faisait fort », disait-il, « de mettre la noblesse du côté des révoltés, les nobles étant aussi bien que les paysans opprimés par les princes*. » De même qu'autrefois, dans une de ses expéditions de rapine, il avait salué du nom de < chers compagnons ■• une bande de loups fondant sur un troupeau de moutons, il voyait maintenant dans les paysans incendiaires et pillards de « chers frères chrétiens -, dont il pourrait heureusement se servir contre les princes et les seigneurs ecclésiastiques tant détestés de lui. 11 espérait, par son influence et la part personnelle qu'il comptait prendre à la révolte, réprimer à temps la fureur des bandes insurgées, et les empêcher de s'en prendre aux biens des nobles. A Schönthal, il convint avec les paysans « que dès qu'il les verrait

1 l'our plus de détails sur Hipler, voy. Buiileu, p. 155-159. s Voy. Bensen, p. 107-119.

3 Voy. sur lui noire premier volume, p. 538-541, 548.

* Tiré des aveux de Dyonisius Sclimid, ancien maire de Schwabach, dans Stalin, t. IV, p. 296, note 3.

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