EMEUTE DANS LEVF.CHE DE WURZBOURG
Non-seulement le coadjuteur, approuvé par le chapitre, adopta les douze articles dans le traité qu'il conclut le 7 mai avec les insurgés, mais il eut encore la faiblesse d'accepter huit articles supplémentaires, calculés pour éleudre rinsurreclion à tout le pays. Les villes et villages y étaient sommés de ratifier le traité, de promettre et de jurer de le maintenir, et eu conséquence de se montrer obéissants envers les chefs élus par l' Union. Les communes qui refuseraient de se soumettre pouvaient s'attendre à être assaillies. Elles devaient s'engager, en cas de nécessité, à aider et à protéger les frères chrétiens, « et à mettre à leur disposition les fusils et pièces d'artillerie ». Tous les nobles devaient, dans le courant du mois, se présenter devant les chefs de l'Union et se faire recevoir dans la Fraternité. S'ils s'y refusaient, on devait les y contraindre. Le clergé de l'archevêché devait fournir, dans un délai de quinze jours, une somme de quinze mille florins. « Tous les couvents seraient ouverts », et le prêtre ou le religieux qui continuerait à porter un habit particulier serait exclu de la « concorde et union fraternelle -. Le coadjuteur souscrivit à tout, et promit en outre de se soumettre à ce qui serait adopté et ordonné dans la suite par des personnes équitables, éclairées, compétentes et propres à bien juger des véritables intérêts du pays. Le conseiller du coadjuteur, Max Stumpf, qui eut à cette négociation la part la plus importante, alla jusqu'à promettre aux rebelles de marcher avec eux sur Wurzbourg '.
Le comte Georges de Wertheim ne montra pas plus de courage. 11 vint en personne au quartier général de l'armée de l'Union, à Miltenberg, où avait été signé ce traité. Il prêta serment de fidélité aux chefs des insurgés en leur donnant la main, promit de les aider de sa personne et de ses biens, leur envoya tout de suite des vivres et, comme l'armée se disposait à quitter Miltenberg, se mit en devoir de la suivre avec son artillerie et d'abondantes munitions*. Il incendia et saccagea deux villages des environs, l'abbaye de Bronnbach, le monastère des Carmes à Grünau, près de Wertheim, et le cloître bénédictin de Holzkirchen, entre Weriheim et Wurzbourg3. Aussi l'évèque de Wurzbourg se plaignait-il plus tard amèrement du comte Georges. Il avait, disait-il, lâchement abandonné son seigneur au moment de sa plus extrême détresse. Nonseulement, après en avoir été requis, il avait refusé de lui envoyer
1 Voy. Zimmermann, t. il. p. 519-521. — Hennf.s, p. 205-207.
2 Voy. Zimmermann, t. M. p. 521.
1 S'il faut en croire le Livre brun des archives de de Weriheim, document qui du reste n'est nullement défavorable au comte. Communiqué par A. Kaufmann, dans les Freiburgrr Dioeetan Archiv., t II, p. 50.