ÉMEUTE DANS I/ÉVÈCHÉ DE WURZBOURG
des troupes et de prêter son artillerie, mais il avait été jusqu'à se joindre aux enuemis, à taire cause commune avec eux; il leur avait fourni d'importants subsides, des arquebuses, de la poudre, combattant dans leurs rangs, et portant ainsi un notable dommage à son légitime seigneur. A la tète de sa petite armée, il avait assailli avec les rebelles le château fort de Wurzbourg, agissant non pas en vassal, mais en révolté1. Götz de Berlichingen, également vassal de l'évêque, ne tarda pas à lui signifier aussi son refus de le reconnaître à l'avenir pour son seigneur. Lui, Georges Metzler, et 1' . armée générale de l'Union de la vallée du Neckar et de l'Odenwald », sommèrent l'évêque d'adopter les douze articles, « et toutes les réformes qui seraient plus tard imposées aux Ordres et autorités. Toutes les lois allaient être modifiées, amplifiées, améliorées; d'autres seraient promulguées; l'évêque devrait consentir à tout. Jusque-là
le saint Évangile et la parole de Dieu n'ayant été ni annoncés ni expliqués suffisamment, les paysans avaient été non-seulement trahis, mais grandement et indiciblement opprimés » ; ils avaient été accablés de si rudes fardeaux « qu'il était impossible à des cœurs chrétiens de les endurer davantage ». L'Union accordait quatre jours à l'évêque pour envoyer ses pleins pouvoirs et conclure un traité. S'il dépassait ce terme, elle le prévenait qu'elle se verrait contrainte de protéger par les armes ses frères chrétiens, répandus dans tout le pays8. Du reste, les sujets de l'évêque invitaient eux-mêmes les paysans de l'Odenwald et de la Franconie à assaillir Wurzbourg3.
Tout le pays était en pleine insurrection.
k Les événements vont si vite chez nous et sont si gros de périls », écrivait le 16 avril le chancelier de l'évêque à un de ses parents résidant à Constance, « que tout le monde supporte la vie à regret, qu'il soit maitre ou serviteur. Sept villes et neuf bailliages, dans 1 espace de trois jours, ont abandonné Sa Grâce, et Wurzbourg se montre si mal disposée pour elle, que personne ne saurait dire si Sa Grâce est encore en vie! » « On n'entend retentir que ce cri : A mort! à mort! Aussi beaucoup de chanoines ont-ils quitté la ville; quelquesuns se sont réfugiés à Mayence, d'autres au château de Wurzbourg, d'autres dans quelque sûr abri. Je ne voudrais pas pour cent florins
1 * Handlung zwischen Würzburg und Wertheim zu Heidelberg, vom Montag nach lnrocavil 1527. Klagepunks n° 8. Interlassencr Assistenz des Grafen Jörg und Hilf gegen It'iirzburq in der Bauer sehen Aufruhr. Dans ta Gemeinschaft. Fürstl. J.öiccnstcinischen Archiv. zu Wertheim, Pfarrsachen, n° 1. Le comte Georges chercha dans la suite à se justifier et à prouver • que sa conduite avait été celle d'un gentilhomme loyal et pieux ». — Voy. aussi la Zimmerischen Chronik, t. III, p. 59.
' Daté d'Amorbach, 4 mai 1525. Voy. Laurent Fuies, p. 191-194. — Voy. l'excellente réponse de l'archevêque, qui s'était réfugié à Heidelberg, p. 199-200.
3 ■ Comme j'ai pu m'en assurer par mainte lettre »,dit Laurent Fiues, p. 174