‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 589 sur 630 · ROTHENBOURG FAIT ALLIANCE AVEC LES PAYSANS · texte numérisé non relu

ROTHENBOURG FAIT ALLIANCE AVEC LES PAYSANS

passer les fêtes de Pâques ici,- car la population, adonnée à l'ivrognerie, e>t brutale et féroce dès qu'elle est excitée. Les paysans de Franconie ont enlevé à mon gracieux seigneur beaucoup de couvents et quelques châteaux, villes, bourgs et villages, dont une partie a été incendiée. » « 11 nous faut supporter d'inexprimables angoisses et travaux; moi et quatorze autres secrétaires, nous siégeons au conseil jour et nuit; il faut sans cesse écrire, inventer des expédients. .Mon gracieux seigneur et moi n'avons certainement pas dormi seize heures en l'espace rie huit jours. Tandis qu'il écrit, la nouvelle lui arrive que deux villes et trois bailliages vieunent encore de se rendre aux insurgés. « Toute cette population est perverse, dépravée plus qu'on ne peut dire », rapporte-t-il; « lorsque par hasard nos cavaliers mettent la main sur un rebelle, il se laisse égorger sans nulle résistance, comme un poulet; ce peuple est méchant et lâche. Au reste, à mon avis, ce qui nous arrive a élé envoyé par Dieu pour le châlimenl des clercs et des séculiers1. »

Taudis que l'armée évangélique d'une part et l'armée de Franconie de l'autre se dirigeaient vers Wurzbourg, et que, par toutes les routes, s'approchaient de la ville des milliers de ■■ nettoyeurs de coffres el de videurs de bourses1 », lesquels se livraient en chemin à d'horribles dévastations, les frères chrétiens faisaient à Rothenbourg « une bouuc affaire ».

Les chefs de l'Union avaient écrit au conseil de Rothenbourg: C'est par l'ordre de Dieu que l'insurrection s'est soulevée. Votre ville, pour l'établissement du saint Évangile, pour l'accroissement de la justice et le maintien de la parole divine, doit se joindre à L'Union et nous envoyer toute son artillerie, avec des munitions suffisantes et des troupes; si les bourgeois veulent être nos frères, il faut, dans cette pressante nécessité, qu'ils abandonnent femmes et enfants, avoir et bien, et qu'ils accourent nous rejoindre. Nous vous ordonnons de nous ouvrir vos portes. » Là-dessus la pire canaille de la ville

1 Laurent Fries, p. 116 119. Celle lettre tomba entre les mains des paysans, et n'y causa pas peu d'émotion, parce qu'elle renfermait aussi la nouvelle que la lif,ue souabe n'avait pas l'intention d'envoyer des secouurs à l'évoque. - Émanant d'un conseiller nés-intime de l'évéque •, écrit Laurent Fries, - on ne mit pas en doute la nouvelle, et l'on tint pour certain que la li;;ue ne ferait rien pour l'évéque de Wurzbourg. Aussi les {jens des campagnes avoisinantes commencèrent-ils à hésiter. Florian Geyer avait dit ouvertement - que lui et ses frères les paysans avaient arrangé les choses de manière que chaque prince eilt la danse parlant de l'émeute) devant si porte, et qu'ainsi aucun ne put fournir de l'aide à l'autre ». Pins d'un honnêtepaysan commença donc à douter de ce qu'il devait faire, voyant que l'autorité n'enverrait ni aide ni secours. La lettre du secrétaire intime avait été imprimée, et en peu de jours expédiée à toutes les mIIis ei bourgades de l'évéïhé. ■

2 Voy. OEchslb, p. 149.

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