‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 605 sur 630 · VICTOIBES REMPORTÉES SUR LES REBELLES · texte numérisé non relu

VICTOIBES REMPORTÉES SUR LES REBELLES

déroute les rebelles d'Alsace près de Saverne. Vingt mille paysans environ périrent en peu de jours : Les villages sont déserts », écrivait le margrave Ernest de Bade au conseil de Baie; < les femmes et les enfants prennent la fuite, et c'est un spectacle pitoyable '. Le 18 mai, le sénéchal Georges, après que les paysans du Wurtemberg eurent renouvelé entre ses mains leur serment de fidélité, retourna sur ses pas, pour aller venger, à Wcinsberg, les forfaits du 16 avril. La ville fut livrée aux flammes et détruite de fond en comble, avec tout ce qu'elle contenait de vivres, de meubles et de bétail. Sur la place où les nobles avaient été massacrés, une chapelle fut érigée; un service funèbre annuel y fut fondé. On mit le feu à plusieurs villages et hameaux des environs, où l'insurrection menaçait encore d'éclater.

Pendant ce temps, l'électeur palatin Louis avait peu à peu rassemblé à Heidelberg, où les évêques Conrad de Wurzbourg et Georges de Spire s'étaient réfugiés, une armée de mille cavaliers et de trois mille hommes de pied, munie d'excellentes pièces d'artillerie. L'archevêque de Trêves lui avait envoyé un renfort de trois cents cavaliers et de quinze cents hommes de pied, et le landgrave Philippe de Hesse, trois cents cavaliers de Clèves, avec leur capitaine. Cette armée, le 2.'5 mai, quitta le camp d'Heidelberg et se dirigea vers Bruchsal, où campait l'armée des insurgés du Bruhrain, forte d'environ sept mille hommes. A la nouvelle de l'approche des princes, plusieurs bourgeois et conseillers de la ville demandèrent à parlementer avec le maréchal de camp de l'Électeur. Ils promirent de se soumettre, eux et la ville, sans condition; les portes furent ouvertes aux alliés le 25 mai : les rebelles durent livrer leurs armes et payer une amende de quarante mille florins; plusieurs de leurs chefs furent décapités.

Dans le margraviat de Bade, un traité de paix, conclu le 25 mai, mit fin à l'insurrection *.

Le 28 mai eut lieu près de Fürfeld, entre Hilsbach et Neckarsulm, la jonction des armées de Trêves et du Palalinal avec l'armée de la ligue souabc. Les princes avaient maintenant sous leurs ordres huit mille hommes de pied et vingt-cinq mille cavaliers. « Princes, cavaliers, lansquenets, tous brûlaient de mettre fin aux révoltes de Franconie, et se sentaient remplis d'espoir, car ils recevaient de tous côtés de bonnes assurances que les paysans, malgré leurs fanfaronnades, étaient sans ressource, perdaient courage, et de plus étaient divisés entre eux J. »

1 ANSHU.M, t. VI, p. 29*.

! Hartfelder, Bauernkrieg, p. 190.

:l Relation du 5 juin 1525 dan;> les Trieritcken Sachen und Briefichaßen, p. C2.

Page 1