‹ L'Allemagne et la réforme (volume 4)Chapitre 606 sur 630 · PROCLAMATION DES R E B E L L E S EN FRANCONIE · texte numérisé non relu

PROCLAMATION DES R E B E L L E S EN FRANCONIE

Les chefs des hordes de Wurzbourg, voyant qu'ils ne parvenaient pas à organiser le parlement populaire d'IJeilbronn, où devait être élaborée1 une nouvelle constitution, convoquèrent le 27 mai une .. assemblée nationale » à Schweinfurt. Là devaient êlre discutés les moyens de défendre « la parole de Dieu, la paix et le droit ; là un nouveau pouvoir devait être établi ». Cette assemblée avait été convoquée pour le 1er juin; les princes alliés, les comtes, les seigneurs devaient, autant que possible, y paraître en personne; les villes et villages, s'y faire représenter par deux délégués au moins. La veille de l'appel fait à toutes les autorités, le 26 mai, les chefs des rebelles, par une lettre signée de leur sceau et de celui de Wurzbourg, réclamaient solennellement, pour la défense de l'Évangile, l'appui des électeurs, princes et autres ordres de l'Empire, et celui de tous les bourgmestres et conseillers des villages et des commîmes. « Comme il faut être plus obéissaul à Dieu qu'aux hommes », disait leur proclamation, « nous nous sommes unis fraternellement et amicalement pour la cause du saint Évangile, et pour le maintien de la paix et du droit. Nous avons résolu de raser tous les châteaux, ces repaires de brigands, car ils ont causé le dommage et la ruine des marchands et du peuple. Nous poursuivrons notre œuvre avec l'aide du Tout-Puissant; nous ferons proclamer la paix générale sur les routes et rivières. Nous vous prions donc respectueusement et amicalement de nous prêter main-forte et assistance en une si chrétienne entreprise, et de ne vous opposer à nous ni par les actes, ni de quelque manière que ce soit-. » Quelque temps auparavant, ces mêmes chefs avaient fait savoir à tous les nobles de l'Empire que, désormais, ils n'avaient à recevoir d'autres ordres que ceux de la « Fraternité ». Il était interdit à lout gentilhomme de se moutrer à cheval dans les rues ou sur les routes; il devait aller à pied, se content er de la nourriture commune, et être en tout égal aux autres. Cependant lorsqu'un noble demanderait à acheter quelque chose avec son argent, on ne devait point s'y opposer. L'armée unie était d'avis que les nobles devaient renoncer à leurs anciennes demeures, et faire construire dans les villes et villages des maisons semblables en tout à celles de leurs frères. Si quelque noble demandait à détruire lui-même son habitation et à tirer parti, selon ses besoins, de ce qu'elle renfermait, on pourrait le lui permettre. Mais si un gentilhomme avait du blé en grande abondance, il devait sans hésiter le mettre à la disposition de l'armée de l'Union, pour servir les intérêts et les besoins de ses frères3.

1 Voy. plus baut. p. 471.

- Bensen, p. 3*2-344.

• BENSEN, p. 205.

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