GÖTZ DE BER MC HINGEN ABANDONNE LES PAYSANS
Mais l'arrogance des révoltés et des incendiaires allait prendre fin. Ceux qui auparavant leur avaient prêté secours, avant que les princes se lussent armés et mis en campagne, ou ne pouvaient plus rien, ou désertaient, saisis d'effroi. L'assemblée de Schweinfurt n'eut pas lieu. Le peu d'hommes qui s'y rendirent se dispersèrent
comme de la paille au vent, dès qu'on entendit siffler les arquebuses ' .
Ce fut en vain que les paysans de Franconie implorèrent le secours du duc Ulric de Wurtemberg, l'allié de leurs frères, lui affirmant « qu'ils s'apprêtaient à marcher contre la ligue souabe avec une armée d'environ trente mille hommes, bien résolus de défendre la parole de Dieu et la liberté chrétienne, et de meitre un terme à l'oppression dont les pauvres étaient victimes * ».
Ce fut également en pure perte qu'ils demandèrent du secours à Heilbronn et à Nuremberg, l'eu de temps auparavant, les conseillers de celte dernière ville avaient souffert sans mot dire que les paysans vinssent chercher chez eux des vivres et des munitions, et lorsque, le 14 mai, les révoltés les avaient interrogés sur ce qu'ils pourraient attendre d'eux, lorsqu'ils se dirigeraient vers la Franconie du Sud à la tête de leurs bandes, ils avaient répondu que leur fidélité à la cause évangélique était bien connue, ei (pie les paysans, pourvu que la cité ne fût point inquiétée, n'avaient rien à redouter de leur part. .Mais après la victoire du sénéchal et des princes alliés, leurs dispositions changèrent complètement, et ils firent écrire aux paysans que la révolte « n'était pas évangélique, mais diabolique3 ». Heilbronn se montra tout aussi mal disposé pour la Fraternité chrétienne. Jusque dans le camp des révoltés régnaient le trouble et la discorde. - Parmi les paysans », écrivait Erhenfried Kumpf, « il n'y a ni paix, ni obéissance, ni union, ni fidélité, ni foi. Tout ce qui a élé garanti, juré, écrit, ou n'en tient aucun compte dés le lendemain, el l'on agit dans un sens tout contraire1. Les insurgés étaient trahis et abandonnés par leurs propres chefs. ( ; ö t z de Berlichingen, qui, selon le traité signé au camp de Wurzbourg^ devait, avec huil mille hommes et quarante-six pièces d'artillerie, empêcher la ligue souabe d'opérer sa jonction avec les princes et couvrir les paysans des environs de Sulm, s'échappa secrètemenl.au
1 Dit la relation citée pafje précédente.
2 Dans Walciinku und BODBNT, p. 316-317. — Voy. GEchSLE, p 190.
3 Voy. OEchsli;, p. 116, 190. — Bi:\m:\, p. 361-362. — ■ C'est la vérité que les chefs du camp d'lleidin;;sfeld se sont emparés à Wuiv.bourg de beaucoup de vin qui avait appartenu aux clercs, et l'ont dirigé sur Nuremberg; la ils l'ont vendu, et avec l'argent ils ont acheté de la poudre. ■ — Laurent Fhibs, p. 226.
1 BENsr:N, p. 410, note 1.