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L'ARMÉE DES ALLIÉS S'EMPARE DE WURZBOURG

« Les paysans ne nous ont pas tenu parole », écrivait de Wurzbourg, le 8 juin, Gilg Halberg à son père, conseiller de Hall; « ils nous avaient affirmé qu'ils prendraient la citadelle sans notre aide, et nous laisseraient bien tranquilles dans la cité pourvu que nous leur fournissions du pain et du vin en échange d'argent; mais ils n'ont exécuté ni l'un ni l'autre de leurs engagements. » « Mon seigneur est venu ici avec quatre princes. On était dans l'angoisse et la terreur; nous fûmes reçus à merci et miséricorde. Quelques-uns ont eu la tète tranchée; on a exigé une amende de dix florins de plusieurs autres, bien qu'ils protestassent de leur innocence. On a commencé par désarmer tous les hommes. Les armes, les cuirasses, tout a été porté au château; puis mon gracieux seigneur a exigé le serment d'hommage, 'fous les châteaux de mon seigneur ont été saccagés, à l'exception de deux. » « L'armée de la ligue campe ici, et commence à dévaster tout le pays; après leur départ, il ne restera pas grand' chose! nous serons tous ruinés. Dieu sait le sort qui nous attend! .le suis incapable de t'en écrire plus, tant la douleur m'oppresse le cœur. « Item », dit Halberg dans un feuillet qu'il ajoute à sa lettre, « plus de cent vingt châteaux ont été brûlés dans les environs; la plupart étaient à mon gracieux seigneur; plus de quarante-neuf couvents ont subi le même sort, Item, on a enlevé à mondit seigneur près de trois mille foudres de vin et à peu près dix mille muicis de grain. »

On évalue à deux cent vingt-neuf le nombre des châteaux incendiés et à cinquante-deux le chiffre des couvents pillés, détériorés ou entièrement rasés par l'iucendie '.

« Item », continue Halberg, « le secrétaire de mon gracieux seigneur m'a dit aujourd'hui que mondit seigneur de Wurzbourg perdait environ trois cent mille florins dans l'affaire, sans compter ce qu'il lui

condition qu'on nous permettrait de ne pas attaquer Frauen sber,0;, et de rester paisibles et cois chez nous. On nous l'avait promis, mais on nous a manqué de parole. Ils nous ont forcés de leur prêter main-forle et assistance, etc. » « Je bisse au lecteur à juger » , dit Fries (p. 332), « si les sentiments exprimés ici par le bourgmestre et le conseil étaient sincères. Le mercredi 7 juin, la ville et la population qui s'y trouvait, après beaucoup de discours, de prières, d'efforts, d'altercations et de pourparlers, se sont rendues à miséricorde et merci. Le même jour je me rendis à cheval à Wurzbourg, pour y voir ma di;vne épouse et mes amis Dans la cour de mon château, je trouvai beaucoup de femmes et près de soixante enfants venus du faubourg de Blaichach; ils étaient venus se réfugier chez moi, parce que le bruit avait couru qu'on allait mettre le feu aux faubourgs. ■

; Tiré du pamphlet : Wahrhaftige Xewe Zrylung und ântlal der vorbrenten zustörten Schlosser und Closter zu Frankenland mit Namen antzaygt. 1225. Conrad Wimpina affirme, lisons-nous dans Cochla'us [Or actis et scriptis M. Luther i, p. 114), que rit:n qu'en Franconie (seu Francia orientali) ■ devastata esse monasieria et arces 2(Ji. .

LE MARCRAVE CASIMIR D'ANSt'ACB-BAIREUTH ET LES INSURGES. 677

faudra encore débourser avant d'avoir pu chasser tout ce monde du pays. Item, un faubourg, de ce côté du .Mein, a déjà été pillé. Je ne sais ce qui peut encore advenir. Ilem, aujourd'hui on a décapité trente-six hommes, cinq bourgeois de Wurzbourg et vingt et un des petites villes et villages d'alentour, capitaines des compagnies d'insurgés. Les conseillers, les quarteniers, les membres du comité sont en prison. Dieu seul connaît le sort qui leur est réservé1! - Soixante insurgés périrent de la main du bourreau; les bourgeois furent condamnés à payer huit mille florins d'amende, et à faire abattre les murs et la citadelle de la ville, eu face du château. Les paysans désarmés, tenaut à la main des bâtons blancs, reçurent la permission de quitter la ville, mais beaucoup, s'étant mis en roule, lurent massacrés par les cavaliers et les soldats de l'armée alliée, « de sorte que les vignes, les chemins, les fossés, étaient jonchés de cadavres, et c'était chose épouvantable à voir2 . Les pauvres gens ont été cruellement châtiés -, écrit un chroniqueur contemporain;

beaucoup ont été massacrés, beaucoup traiués en prison et rançonnés; on leur a enlevé leurs armes; de plus, Notre-Scigueur Dieu a permis qu'une terrible disette affligeât ce malheureux pays pendant sept ans 3 ».

A Anspach-Baireutb, le margrave Casimir de Brandeboug exerça d'atroces représailles envers les paysans.

Casimir était tout dévoué à la doctrine luthérienne. Peu de temps avant que la révolution éclatât, il avait chargé deux prédicants « d'implanter l'Évangile dans ses Etats* ». Lorsque la révolte de Franconie éclata, il avait paru décidé à se défendre vaillamment, et défit même plusieurs fois les hordes des rebelles; mais à tout prendre, il n'était pas fâché d'attendre, pour bien voir de quel coté tournerait la chance, et pouvoir tirer le meilleur parti possible des événements ». La ville de Kitzingen avait pris les armes * pour la cause du saint Évangile -, et avait ajouté deux compagnies aux armées de Franconie; à Neustadt sur L'Aisch, qui s'était également associée à l'insurrection, les propriétés du margrave et les biens d'Église avaient été pillés; dans tous les villages dépendant d'Hoheneck, les ornements sacerdotaux, les calices, les cloches avaient été vendus; avec l'argent qu'on en avait retiré, les rebelles avaient acheté, à Nuremberg, des carabines el des hallebardes; beaucoup decouveuls et de châteaux avaient été livrés aux flammes; cependant, durant tout ce temps, Casimir était resté paisiblement

1 Jeudi après la Pentecôte (8 juin) 1525. Dans OEcuslb, p. 427-428. * Laurent Fuies, p. 330-338. — Vor. Uense.n, p. 4i:$-i.">i>. 3 Heivolt, p. 111.

*Bensen, p. 394.

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