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ORGANISATION DES UNIVERSITÉS

comme l'Université reine des États Scandinaves, et Ton y comptait par centaines des Suédois, des Danois, des Norvégiens, mêlés aux Allemands '. A Cracovie, où, d'après le témoignage d'un Italien, quinze cents étudiants étaient réunis* à l'époque où Adalbert Blarer parvint à y attirer Copernic pour y professer l'astronomie, les étudiants allemands affluaient. Mais c'est avec l'Italie surtout qu'à partir de la seconde moitié du quinzième siècle, les rapports intellectuels de l'Allemagne devinrent importants. Des professeurs allemands enseignaient dans les universités italiennes, des professeurs italiens étaient de temps en temps appelés aux Universités allemandes, et le nombre des étudiants allemands qui fréqueutaient les Universités de Bologne, Padoue et Pavie était encore très-considérable au temps où déjà les écoles supérieures de l'Allemagne étaient dans leur plein épanouissement.

Il est difficile d'arriver à des données précises quant au nombre exact des étudiants des diverses Universités 3. D'après ce que rapporte Wimpheling, l'Université de Cologne comptait, vers la fin du quinzième siècle, environ deux mille professeurs et étudiants*. Celle d'Ingolstadt reçut, dès la première année de son inauguration , environ huit cents inscriptions. En 1492, les cours de philosophie furent divisés entre trente-trois professeurs, et dans l'espace d'un an, quarantesept collaborateurs leur furent adjoints. Dès 1490, le nombre des bacheliers qui expliquaient Pierre Lombard était si grand, que le localet le temps devinrent également iusuffisauis, et que les étudiants se virent obligés de venir à tour de rôle recevoir les leçons du professeur5. A Vienne, en 1453, la Faculté de philosophie comptait quatrevingt-deux, et en 1476 cent cinq professeurs et docteurs. Parmi les sept cent onze étudiants immatriculés en 1451 à l'Université de Vienne {ce chiffre est le plus élevé qui se rencoutre pendant le quinzième siècle), on ne compte pas moins de quatre cent quatre étudiants venus des pays du Rhin8.

Dans foutes les contrées de l'Allemagne, la vie intellectuelle était si animée, si pleine d'élan, qu'on n'avait jusque-là rien vu d'analogue, et que rien de semblable ne s'est produit depuis. Seule, la

i Voy. Krabbe, p. 289-294.

s Ce chiffre est très-exagéré. — Voy. IIipler, p. 14-17. — Jérôme Munser, médecin de Nuremberg, estime le nombre des étudiants de Paris à quinze mille en 1495, parmi lesquels il y avait au moins neuf mille étrangers. Kunst- HANN, p. 305.

' Voy. Pallsen, p. 290-308.

* De arte impressoria, p. 18.

5 Pkantl, t. I, p. 21, 64, 71, 77, 89. — Sur le nombre des étudiants à Heidelberg, voy. Falk, Hisi. pol. Blatter, t. LXXVIII, p. 924.

0 Kink, t. I, p. 145. — Voy. les calculs de Stolzel, p. 42-44.

ville de Berlin, dans le duché de Brandebourg-, resta eu dehors de ce mouvement et subit peu l'influence du nouvel essor que prenait de tous côtés la civilisation. Berlin restait encore au dernier échelon de la culture intellectuelle. Dans la lettre circulaire du prince électeur Joachim pour la fondation de l'Université de Franc fort-sur-1' Oder, il assure « qu'un homme remarquable par son savoir est aussi rare dans son pays qu'un corbeau blanc ». Comme preuve à l'appui de ce fait, on peut citer ce que le père de ce prince disait du duché de Brandebourg; il n'y avait, selon lui, « nulle contrée d'Allemagne où les querelles, les meurtres et la cruauté fussent plus à l'ordre du jour ' ». L'abbé de Sponheim, Trithème, qui fit un long séjour à la cour de Brandebourg, écrivait de Berlin à un ami (20 octobre 1505): « On trouve rarement ici un homme qui montre quelque intérêt pour les sciences; le manque d'éducation et de savoir-vivre est cause que les gens aiment mieux boire, bien manger et ne rien faire, que s'instruire *. » Berlin n'a eu son premier imprimeur qu'en 1539, et ce ne fut que cent vingt ans après qu'elle vit s'ouvrir sa première librairie 3.

La vie intellectuelle et scientifique, dans la dernière partie du quinzième siècle et clans les premières années du seizième, fut surtout active et animée dans les pays du Bhin. Là, plus que partout ailleurs, les Universités étaient en harmonie avec la culture générale des esprits et trouvaient un ferme appui dans l'excellent enseignement des écoles moyennes.

L'Université de Cologne, comme importance, gloire, célébrité, tint pendant longtemps le premier rang parmi les Universités du Bhin. Ce n'était pas seulement pour tout le Bas-Bhin, la Westphalie, la Hollande qu'elle était le foyer principal des choses de l'intelligence, elle comptait aussi, parmi ses deux mille étudiants, des centaines d'étrangers venus d'Ecosse, de Suède, de Danemark, de Norvège, de Livonie. Pleins d'ardeur pour les sciences, ils affluaient tous les ans vers la métropole ecclésiastique de l'Allemagne. Cologne, en effet, élait la véritable « Borne allemande». Il n'est pasélonuant que l'enseignement supérieur ait eu un caractère particulièrement religieux dans une ville qui comptait dix-neuf paroisses, plus de cent chapelles,

1 Voy. Mouxa, p. 8.

* TrithemiiEpp.fam.il,, p. 480.

• Wilken, p. G-8. — Voy. Grasse, 3a, p. 18G. — Ivirchoff, t. Il, p. 73.

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