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L'EMPEREUR MAXIMILIEN PROTECTEUR DES SCIENCES ET DES ARTS

tentés par l'Empereur pour favoriser les progrès de la science, efforts qui trouvaient à Vienne, capitale de l'Empire, le centre de toutes leurs énergies; Maximilien cherchait à y réunir les savants les plus illustres de l'époque, et prétendait élever l'Université au rang de la plus haute école intellectuelle de l'Europe.

L'amour de la science et des arts avait été mis au cœur de l'Empereur dès sa première jeunesse. Grâce à la sollicitude paternelle, il avait reçu une éducation vraiment princière et vraiment humaine. Il était solidement instruit; on trouve clans ses compositions écrites, conservées à la Bibliothèque impériale de Vienne, des essais sur la généalogie et l'histoire de sa maison, l'artillerie, la science héraldique, l'armurerie, l'architecture, la chasse, la fauconnerie, d'autres sujets encore. Aucun prince du moyen âge ne s'est approprié autant que lui la connaissance des langues; les divers dialectes de ses Etats lui étaient familiers, et il possédait outre cela beaucoup de langues étrangères. On raconte que pendant une de ses campagnes, il s'entretint un jour avec sept chefs militaires en sept langues différentes1 ; il avait surtout une telle connaissance du latin que Willibald Pirkheimer, qui avait vu quelques-uns des mémoires dictés par l'Empereur sur sa vie, assurait à un ami que les récits d'aucun écrivain allemand n'étaient écrits dans un style plus concis ni dans un latin plus pur. Même pendant ses campagnes il lisait constamment les meilleurs poètes. « Personne en Allemagne, écrivait Trithème, n'a pour s'instruire une plus grande ardeur; personne n'aime l'étude d'un plus sérieux amour. 11 s'intéresse aux sciences les plus diverses; nul n'éprouve de leur progrès et du développement des arts une joie plus vraie, plus cordiale. Il est l'ami, le protecteur de tous les savants3. »

Maximilien ne favorisait pas seulement, comme plusieurs princes de son temps, telle ou telle étude spéciale, objet de ses sympathies particulières; il étendait sa protection et son amour aux branches les plus variées des sciences humaines : théologiens, jurisconsultes, historiens, poètes, linguistes, mais avant tout humanistes et artistes,

1 Voy. LiLiENCnoN, Weiukimig, p. 343-344, 348. — IIw.i h s, p. 7-10. — Zappbrt, Gesprächbüchlein, p. 239-241. — Voy. PÖLITZ, Jahrbuch der Geschichte und Staatskunst, t. II, p. 304.

* De vera studiorum ration1:, p. 7.

recevaient ses encouragements et se félicitaient de son constant appui . Ils parlaient tous avec enthousiasme de ce grand prince, qui réunissait à toute la dignité de son rang la plus grande affabilité de caractère. L'Empereur les attirait dans son intimité, les honorait de sa confiance et donnait l'âme et la vie à tout ce dont il s'occupait. Si Maximilien mérita le glorieux surnom de « père des arts et des sciences », c'est surtout parce que tout son effort, toute son application, pour parler avec Wimpheling, « ne tendait qu'à affermir parmi ses sujets l'attachement et la fidélité à l'Église et à l'empire; qu'à améliorer les moeurs et à faire aimer davantage la patrie1 ». La devise qu'un Franco-Rhénan lui a prêtée peut surtout se rapporter à son amour pour les sciences et les arts :

Allemand je suis, en Allemand je pense, En Allemand j'agis, Allemand je demeure!

De là sa sollicitude particulière pour l'histoire nationale. Jamais « empereur romain de nation allemande » n'avait été un Mécène à la fois si intelligent et si rempli d'amour pour son pays. « Il ne prenait à rien plus de plaisir qu'à l'histoire », raconte Joseph Grünbeck, « et avait coutume de dire qu'un prince qui n'a pas souci de son histoire ni de celle de ses prédécesseurs, et n'a pas à cœur de transmettre son nom à la postérité, est digne d'aversion. Dans sa pensée, un tel prince ne pouvait être non plus l'ami du bien public, puisqu'il laissait dans l'obscurité une science si féconde en enseignements, et où la vertu trouve un si utile, aliment. Cette négligence était cause, selon lui, de la ruine de beaucoup de principautés puissantes, de communes, de villes, que leurs anciens souverains, sans expérience, ignorants et grossiers, avaient mal su gouverner2. »

« Lorsqu'il fut parvenu à sa majorité », rapporte Freizsaurwein dans le WeUshunig, « il n'épargna aucune dépense pour envoyer des savants de tous côtés, avec mission de chercher dans les manuscrits conservés soit dans les monaslères, soit chez les particuliers, des informations sur les familles royales et princières. »

« Tout ce qu'ils avaient pu découvrir devait être consigné par écrit à la louange des souverains d'autrefois, et si un roi ou un prince avait fait jadis une fondation tombée depuis en oubli, il avait soin de remettre en honneur sa mémoire, qui sans lui eût entièrement péri. »

Les monnaies que les empereurs, rois, et autres princes puissants

1 De arte imprenorîa, fol. 12.

* Voy. Halt vis, p. 11.

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