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L'EMPEREUR MAXIMIMEN PR0TEC1EUR DES SCIENCES ET DES ARTS

Weisskunuj, du dessin d'Albert Dürer : le Chevalier, la Mort et ic Démon.

Le Theucrdanh décrit la vie privée de l'Empereur sous le voile de l'allégorie, et l'ouvrage en prose et non allégorique du ÏFeisskunig (le roi sage) traite, dans la partie composée par Maximilien, de sa vie publique et des événements importants de son règne1.

L'Empereur, en parlant des savants, avait coutume de dire « que c'était a eux de régner, et non d'être soumis, et que les plus grands honneurs leur étaient dus, parce que Dieu et la nature les ont plus favorisés que les autres » •■; on comprendra donc facilement qu'il recherchât leur constant commerce; il les distinguait, les récompensait, et confiait à leurs soins les emplois les plus importants. Presque tous ses conseillers étaient des hommes de science, des amis, des promoteurs de la littérature classique, et ses historiographes, que nous avons déjà nommés, en faisaient partie. Jean Stabius, que l'Université de Vienne comptait parmi ses plus illustres savants, accompagnait l'Empereur dans presque tous ses voyages. Le sénateur impérial Sébastien Sprenz, plus lard évêque de Brunn, se distinguait par sa connaissance de l'hébreu et des sciences exactes. Les conseillers impériaux Ulrich de Helfenstein, Jacques Spiegel, Jacques Villinger, Jacques Bannisis, Georges Aeudecker et d'autres, étaient tous regardés par les humanistes comme des savants éminents, et prêtaient leur appui à la nouvelle direction donnée aux études scientifiques. Le chancelier et conseiller intime de Maximilien, Mathieu Lang, plus tard évêque de Gurk et archevêque de Salzbourg 2, était le plus prôné de tous. La cour de Maximilien était « l'école de toute vraie civilisation3, et la fille chérie de l'Empereur», l'Université de Vienne brillait d'un éclat et d'une gloire qu'aucune autre Université n'égalait en Allemagne 4.

Mil

Dès le règne de Frédéric III, l'Université de Vienne s'était acquis un renom universel grâce à ses illustres mathématiciens et astro-

ouvrage, dont la mort de l'Empereur empêcha In publication, contient deux cent cinquante-cinq dessins exécutés avec soin. Xuy.Frajdal de l'empereurMaximilien Ier. Turniere und Mummerrie», publié sous la direction du chambellan François, cornle Folliot de Cheneville de Qlii.in de i.eitneh, Vienne, 1880.

1 Voy. le beau travail de LiliencroD sur le Weisskunig, 328-329

9 Voy. Hagen, t. I. p. 220-222. — IIoiuwitz, Nationale Geschichtschreibung, p. 90-100. — AsmncH, IU ander jähre den Conrad Celles, p. 119. — ERHARD, t. Il, p. 98, et t. III, p. 429.

s IIaltaus, p. 10.

4 D« arte tmpressoria, fol. 12.

123 L'INSTIIUCTION populaire et la science.

nomes, Jean de Gmunden, Georges de Peucrbach et Jean Müller, surnommé Regiomontan. Dans aucune autre Université, l'astronomie et les mathématiques ne furent professées par de plus grands génies et n'eurent de plus brillants résultats '. Peuerbach et Regiomontan furent les premiers qui, par leurs cours sur les poètes et les prosateurs latins, y donnèrent l'élan aux études humanistes2. Rernard Perger, maître es arts, y introduisit une méthode perfectionnée d'enseigner le latin, et composa dans ce but, d'après une grammaire de l'archevêque Nicolas de Siponto, un livre d'enseignement dont on connaît dix-huit éditions et rééditions antérieures à 1500 3. Dès 1457 on expliquait à Vienne des auteurs grecs, et quelques-uns même des plus difficiles *,

Mais l'humanisme ne commença vraiment à y progresser que lorsque Conrad Celtes, savant d'une intelligence hors ligne, y vint professer, sur la demande expresse que lui en fit l'Empereur5 (1497). Par ses manières de voir toutes païennes et matérialistes, par son genre de vie épicurienne, Celtes n'appartient pas au groupe des anciens humanistes chrétiens, si graves, si retenus dans leurs mœurs. Il est bien plutôt du nombre des savants émancipés qui formèrent plus tard une nouvelle école; il s'attirait à cause de cela le blâme de la noble Charité Pirkheimer, qui lui reprochait avec une entière franchise de parler du paganisme classique d'une manière partiale et propre à flatter de mauvaises tendances6. Mais il faut laisser à Celtes le grand mérite d'avoir constamment cherché à exciter en Allemagne l'amour de la science, et surtout d'avoir, par sa parole et ses écrits, travaillé avec succès au développement de l'histoire nationale. Dans ses nombreux voyages il avait visité les grands fleuves allemands jusqu'à leur source, avait parcouru les capitales de l'Allemagne, appris à en connaître toutes les curiosités, et acquis sur les gens et les pays des connaissances dont personne avant lui ne s'était soucié. Il se proposait de consigner les fruits de ce voyage et les résultats de ses longues recherches historiques dans un ouvrage où il voulait retracer l'histoire générale et descriptive de l'Allemagne et des Allemands7, lorsqu'au milieu de ses travaux, âgé seulement de quarante-neuf ans, il fut surpris par la mort (1508).

De nombreux trésors de littérature ancienne, entre autres la célèbre carte itinéraire qui date du temps de Marc-Aurèle, les ouvrages de

1 Asiikach, Univertität Wien, t. I, p. 455-467, 479-493, 537-557.

- Ashbach, t. I, p. 353, 481, 538. — Kink, t. I, p. 182.

'Hain, n° 12602-12G19. — ASHruc», t. I, p. 576.

* Ashbach, t. I, p. 354.

5 Voy. Ashbach, t. il, p. 56.

cBiNDKH,p. 80-87.

7 Gm mania illustrata.

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