ÉDIFICES RELIGIEUX
dans les siècles qui suivirent. Mais celles qui sont restées debout sont encore en si grand nombre qu'on peut affirmer que dans aucune période de notre histoire on n'a élevé autant d'édifices religieux. Cette ardeur pour la construction des églises se produisit simultanément dans toutes les parties de l'Allemagne, aussi bien dans les petites villes que clans les grandes ; les villages mêmes virent s'élever des églises parfois capables par leur beauté de rivaliser avec les grandioses cathédrales, et qui, relativement parlant, commandèrent d'aussi importants sacrifices que les dômes de Fribourg ou d'Ulm '.
Jusque dans les pays reculés de l'Allemagne du Nord, où la civilisation pénétra tardivement, de nombreuses églises furent construites entre 1450 et 1515, beaucoup d'autres furent restaurées, et sont d'une grande valeur au point de vue artistique 2. Citons surtout les églises de Berlin, Brandebourg, Breslau, Danzig, Dargun, Elbing, Francfort-sur-1'Oder, Furstenwald, Gardelegen, Gleiwitz, Güstrow, Havelberg, Heiligengrab, Juterbogk, Lübeck, Neu-Buppin, Neustadt-Ebers-Walde, Pelplin, Pritzwalk, Bostock, Salzwedel, Seehausen, Stendal, Stettin, Stralsund, Tangermunde, Thorn, Werben, Wilsnack, Wismar, Wittstock, Wolminstadt, Wursthausen, Ziesar; dans un grand nombre de ces localités, beaucoup d'églises se bâtissaient à la fois, comme par exemple à Danzig, où en dehors de la grandiose église de Sainte-Marie qui date de 1502, nous voyons ou se commencer ou s'achever : Saint-Jean (1460-1465), la Sainte- Trinité (1481-1495), la chapelle de Sainte-Anne (1490), le chœur de l'église des Carmélites (1467), l'église de Sainte- Barbe (vers 1499), Saint-Barthélémy (1499), Sainte-Brigitte (1515), Saint-Pierre et Saint- Paul (1515) 3. Dans ces pays, où l'on en était réduit à l'usage exclusif des briques, le talent des architectes se révèle avec évidence; avec cette matière pauvre et ingrate, ils parviennent à obtenir les effets les plus grandioses *.
Les édifices religieux de Thuringe et de Saxe attestent la même extraordinaire fécondité de travail. On en peut voir les preuves à Altenbourg, Auabcrg, Bautzen, Brunswick, Galbe sur la Saale, Chemnitz, Cobourg, Duderstadt, Eisfeld, Eisleben, Erfurt, Freiberg,
1 Les noms des architectes d'un nombre infini de ces monuments sont inconnus, mais rien que dans l'espace de temps compris entre 1450 et 1520, on peut cependant en citer environ deux cents. — Sigh\rt, p. 418-495. — Otte, p. 632-
2 Pour ce qui suit, voy. Otte, p. 489-623. On n'a compris dans cette liste que les monuments qui ont une date d'origine très-précise et très-authentique.
3 Sur les monuments élevés à Danzi;j pendant la seconde moitié du quinzième siècle, voy. Hirsch et Vossberg dans la IVeinreich's Chronik, XIX-XXI.
* Sch.vvase, Documents, t. VIII, p. 56.
Freibourg-sur-1'Unstrut, Görlitz, Goslar, Halberstadt, Halle-sur-la- Saale, Hildesheim, Iéna, Leipzig, Magdebourg, Meissen, Mersebourg, Naumbourg, Nordhausen, Pirna, Rochlitz, Römhild, Saalfeld, Sangerhausen, Wittenberg, Zerbst, et Zwickau. Citons la ville de Görlitz, où l'église de Notre-Dame fut construite entre 1458 et 1473 ; celle du Saint-Sépulcre, en 1465; de la Sainte-Croix, de 1481 à 1498; l'église de Sainte-Anne, de 1508 à 1512, et en 1497, l'église colossale de Saint-Pierre et de Saint-Paul avait été achevée. Mais l'Allemagne du Sud montre encore plus d'ardeur que celle du Nord, tant pour l'érection de nouvelles églises que pour la reconstruction ou l'achèvement des anciennes. Dans l'Autriche allemande, il faut particulièrement citer les édifices de Alier-Heiligen, Ansbach, Bärneck, Braunau, Brunn, Eisenerz, Efferding, Feltkirsch, Gratz, Gresten, Gross-Pechlarn, Knittelfeld, Krems, Kuttenberg, Lana, Leoben, Mariabuch, Melk, Méran, Mödling, Neuberg, Nussdorf, Obermauern, Pottendorf, Prachatitz, Prague, Purgstall, Rabenstein, Salzbourg, Saint-Georges, Saint-Marein, Saint-Oswald, Saint-Paul, Saint-Ruprecht, Saint-Wolfgang, Schönbach, Schwaz, Schweigers, Sobieslau, Stein, Stein près de Laybach, Steyer, Strassengen, Tabor, Töllersheim, Waïdhofen, Vienne, Viener-Neustadt, Wilhemsbourg, Windischgräz. Rien que dans le district des forêts de Vienne, quatrevingt-dix églises environ furent bâties ou restaurées dans la seconde moitié du quinzième siècle1.
En Souabe et en Bavière, d'innombrables monuments religieux attestent la même activité féconde. Citons les églises de Alpirsbachprès de Freudenstadt, Altheim, Alttötting, Amberg, Augsbourg, Bebenhausen, Beinstein près de Weiblingen, Berchtesgaden, Blaubeuren, Blutenburg, ßogenberg, Burghausen, Chammunster, Dingolfing, Dinkelsbuhl, Donauwörth, Eggenfelden, Ellwangen, Entringen, Esslingen, Freising, Gaimersheim, Geisenhausen, Gnadenberg, Hallen Souabe, Heilbronn, Hirschau, Ingolstadt, Kelheim, Landshut, Leutkirch, Magstadt, Memmingen, Monheim, Munich, Neumarkt, Neunbourg, Neuötting, Nördlingen, OEhringen, Passau, Pipping, Prull, Ratisbonne, Rottweil, Sainl-Nicolas, Schorndorf, Schrobenhausen, Schwäbisch-Gmünd, Straubing, Stuttgard, Sulz, Tirschenreuth, Tölz, Trosberg, Tubinguen, Ulm, Velden, Vilsbibourg, Waiblingen, Wasserbourg, Weil-la-Villc, Weilheim, Wimpfen-la-Montagne. Dans quelques villes, la presque totalité des églises date de la fin du quinzième siècle, par exemple à Wailbligen, où les églises paroissiales ont été achevées entre 1459 et 1489 ; la chapelle du cimetière, avec sa crypte,est de 1496 ; cellede Saint-Nicolas, de 1488. A Stuttgard, l'église
1 Voy. Jahrbuch der Centralcommission, t. II, p. 104.