‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 105 sur 573 · ESSAIS DE RKFORME CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

ESSAIS DE RKFORME CATHOLIQUE

Pendant que les partis politiques et religieux luttaient avec tant d'acharnement les uns contrôles autres, les Catholiques travaillaient sans bruit à la réforme des abus qui s'étaient introduits dans l'Église, et leurs 'efforts étaient soutenus par une vaillante et nombreuse avant-garde qui, « sans perdre courage, » disait Canisius^ « en butte aux plus grands dangers, indifférente à la haine et à la persécution, s'acquittait, avec zèle et fidélité, de la mission dont la Providence l'avait chargée ».

Ganisius, même après avoir remis la direction de la province de la Haute-Allemagne au P. Hoffäus, était toujours, en Allemagne, « Tàme de la Compagnie de Jésus». Son influence tenait d'abord à son caractère, à son infatigable ardeur, à ses dons exceptionnels pour l'enseignement et la prédication, à ses talents d"écrivain, de missionnaire, à ce jugement sûr et pénétrant, qui faisait de lui le conseiller, le confident écouté du Pape et du Général de son ordre. Jusqu'à sa mort (lo97), il fut en butte aux attaques les plus violentes, aux plus basses injures et cependant, longtemps encore après sa mort, on garda de lui, dans la protestante Allemagne, un souvenu' plein de vénération. On a pu dire de lui en toute vérité « qu'il a toujours été, par nature, fidèle à l'antique loyauté allemande, et qu'il n'a jamais cessé de s'intéresser avec passion au salut et au bonheur de ses concitoyens. Ernest Salomon Cyprian, vice-président du grand consistoire protestant de Gotha, lui reproche, il est vrai, sa haine invétérée pour les sectaires, mais il ajoute : « Ganisius était extraordinairement instruit et très dévoué au pontife romain ; il faisait preuve d'un incroyable zèle dans la chaire académique comme dans la chaire religieuse; il a entrepris un grand nombre de voyages, écrit un catéchisme, publié quantité d'ouvrages; il était tellement célèbie parmi ses coreligionnaires, qu'à Rome on le mettait au-dessus de tous les théologiens de son

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