CANISIUS SUR LA SITUATION RELIGIEUSE
Canisius eût souhaité que le Pape, non seulement à Rome, mais à l'intérieur de l'Allemagne, fondât un certain nombre de bourses dans les séminaires, afin qu'il lut possible de former de bons ouvriers pour travailler à la vigne du Seigneur : « Si des prêtres zélés et fervents donnaient l'exemple, » disait-il, « nous verrions bientôt les évèques eux-mêmes sortir de leur apathie. »
« Les nonces devront aussi s'enquérir de bons théologiens, capables de combattre les erreurs, et de défendre la doctrine cathulique et le Saint-Siège. Quelques-uns d'entre eux devront être excités au travail intellectuel, aiin qu'ils publient de bons ouvrages, lesquels, après qu'ils auront été examinés, devront être imprimés en Allemagne. »
« L'Empereur a le devoir d'arrêter les hérétiques dans la spoliation inique des évêchés et des propriétés ecclésiastiques. »
« Le Pape doit aussi veiller à ce que les chanoines sectaires soient exclus des chapitres, quels que soient leurs rang et dignités. Inévitablement, il faudrait nous attendre aux dernières catastrophes, si, parmi ces chanoines, non seulement les doyens et les prévôts, mais les évoques, étaient choisis L'arrogance des prélats est devenue si insupportable qu'actuellement quatorze d'entre eux refusent de demander au Saint-Siège la confirmation de leur élection ; ils ne paraissent pas se soucier davantage de la sanction impériale. Or, si l'on ne met un terme à un pareil état de choses, les hérétiques nq tarderont pas à mettre la main sur de nouveaux évêchés, qu'ils séculariseront après les avoir saccagés. )>
(( Outre ces graves devoirs, il faut exiger des nouveaux évêques et archevêques qu'ils s'engagent par serment^, avant d'avoir reçu de Rome la confirmation de leur élection, à n'admettre personne aux ordres sacrés ou à un bénéfice, à ne nommer ni conseiller, ni officiai, ni maître d'école qui n'ait auparavant prêté serment sur la Confession de foi du Concile de Trente. Ils devront aussi exclure de leurs palais et de leurs églises les hérétiques déclarés, nommer des enquêteurs intelligents pour la visite des paroisses et des couvents, et rétablir les sacrements de confirmation et d'extrêmeonction partout où ils ont été abolis. )>
« L'état de l'Allemagne, » écrit Canisius à la fin de ce mémoire, « réclame de la part du Saint-Siège une sollicitude quasi maternelle^» « Le Pape doit avoir toujours présente à l'esprit cette parole de l'Écriture : « Il ne brisera pas le roseau courbé, il n'éteindra pas la mèche qui fume encore. »
* Materna quadam indulgentia.
tiÜ8 CANISIUSSUH LA SITUATION ET LES 15E301NS DKL LGLiSK D ALLEMAGNE.
Ainsi donc des maux si graves, des difficultés en apparence insurmontables, désolaient encore l'Efilise d'Allemagne après que les Jésuites, dans un apostolat qui datait déjà de quarante ans. avaient recueilli des fruits si abondants et si précieux de leur zùle pour rallermissemenl de la loi catholique, le retour de l'esprit clirétien et des mœurs chrétiennes! « Qui pourrait nier, » disait Canisius dix ans après la clôture du Concile, « que les décrets de Trente n'aient déjà exercé parmi nous une puissante et, très salutaire influence ? Mais les abus, les scandales étaient si nombreux, si invétérés, qu'ils n'ont pu encore être déracinés ; la confusion des affaires religieuses en crée tous les jours de nouveaux; cependant celui qu'un tel état de choses découraye est déjà vaincu. »
Voici le principe qui se dégage des écrits et des lettres du chef vénéré des Jésuites d'Allemagne au sujet de la situation religieuse à cette époque : « Qui veut guérir, doit commencer par chercher le siège et la racine de son mal, et avoir le courage d'avouer tout haut et loyalement sa misère; il doit ensuite employer les vrais remèdes, et cela avec une prudence et une sagesse toutes chrétiennes; enfin, il doit poursuivre, sans retour sur lui-même, sans souci des dangers et des dilficultés, le but élevé qu'il se propose : Tout pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Quiconque se recherche soimême ne sera pas assisté par l'esprit de Dieu; or, sans la grâce, tout labeur n'est qu'une œuvre humaine, condamnée d'avance à demeurer stérile. Seul ce que nous opérons en Dieu a consistance et fécondité. » « Marchons en avant, comme en lui tenant la main, prudemment, mais sûrement. »
« D'un pas sûr, sagement et prudemment, » l'ordre de Saint-Ignace poursuivait son œuvre en Allemagne, et voyait s'étendre devant lui un champ d'activité toujours plus vaste. Ce succès, il le devait au dévouement généreux et désintéressé prodigué par chacun de ses niembres au but commun *. L'ascendant moral de la Compagnie, la perfection de son organisation dans son incomparable unité» dans ses diverses parties comme dans son ensemble, tout cela, ceux-là mêmes l'avouaient qui ne voulaient y voir que « l'œuvre de Belzébuth, le prince des démons », et regardaient la vie laborieuse, recueillie, austère et régulière des nouveaux religieux comme un
1 Paulsen dit excellemment à propos de l'ordre des Jésuiles : « 11 y a dans son action quelque chose de l'action silencieuse, mais incessante, des forces naturelles. Sans passion, sans cri de p;uerre, sans at^itation et sans zèle inconsidéré, il ne cesse d'avancer, et n'est pres(jue jamais oblia^é de taire un pas en arrière. La sûreté, la réflexion ])rudente caractérisent chacun de ses mouvements. A la vérité ce ne sont pas là des qualités aimables ; (Juiconque ayil sans l'aiblesse humaine n'est jamais aimable. »
LES JESUITES JUGES PAR LES PROTESTAiNTS.
artifice de Satan. L'effroi que les Jésuites inspiraient était général parmi les Protestants: il grandissait d'année en année, à mesure que l'ordre s'enracinait davantage dans le sol de l'Allemagne et que, du côté protestant, croissaient l'esprit de secte et de discorde. Avant l'apostolat des Jésuites, on s'était flatté « que les princes, les autorités, les serviteurs de la parole^, feraient disparaître en peu de temps les derniers vestiges de la Papauté idolâtre et impie »; cet espoir avait été déçu, et la faute en était surtout attribuée aux Jésuites i. Le théologien calviniste Boquin écrivait en Jo7ö : « L'ennemi semblait presque vaincu, lorsqu'il se forma tout à coup en une armée nouvelle, et se retrancha dans sa principale citadelle. Tandis que nous étions absorbés par de misérables querelles, et que plusieurs d'entre nous, gens turbulents et vindicatifs, propageaient des querelles et des discordes toujours renaissantes, notre ennemi, par l'habileté, la vigilance, le zèle de son nouvel état-major, remettait en peu d'années ses fortifications en si bon état que maintenant toute la bande de l'Antéchrist espère recouvrer son ancien crédit, son ancien pouvoir d'ici à peu de temps 2. » Georges Nigrinus, surintendant de liesse, exprimait, en 1582, la profonde douleur qu'il ressentait en voyant des parents protestants, appartenant soit à la noblesse, soit à la bourgeoisie, envoyer leurs enfants aux collèges des Jésuites, et « vanter sans rougir leur application et leurs progrès ^ ». (( Les Jésuites, parce qu'ils s'entendent à instruire la jeunesse, parce qu'ils savent lui inspirer le goût des lettres et des arts, » écrivait en gémissant Spangenberg en 1594, « séduisent déplorablement nos enfants; mais pour combattre leur influence que font les Évangéliques? Certes, ils sont bien loin de la gravité de mœurs, du zèle de leurs adversaires; ils ne prennent pas la dixième partie do la peine qu'ils se donnent '*. » Un autre prédicant écrivait la même année : « La réputation des Jésuites va toujours croissant, aussi bien parmi les papistes que chez les Évangéliques de tout rang et de toute condition, de telle sorte que la chose devient vraiment inquiétante; leurs progrès sont si évidents qu'il faudrait être aveugle pour ne les point voir. Combien parmi nous sont aussi instruits et aussi cultivés que les Pères? Combien aussi zélés, aussi habiles dans l'art d'enseigner la jeunesse? Dans les prédications, l'instruction, l'éducation, combien, parmi nous, les égalent? Combien sont aussi em-
' Voy. notre quatrième volume, p. 393.
- Assertio veteris ac veri Ghristiariismi adversus novum et fictum Jesuitismum seu societatem Jesu (d576). Préface, ä Papistische Inquisition, p. 722.
* Adelsspiegel, t. II, p. 75b.
210 NOUVKAL'X COLLKOrîS ET LYGICES DES JKSUITES.
pressés, aussi patients auprès des malades^ des pestiférés, des lépreux que ces messagers de l'Antéchrist? Ajoutez à cela qu'on voit régner parmi eux la paix et la concorde, tandis que chez les docteurs du saint Évangile on n'enleud parler (|ue de disputes, de haines, de jalousies, de rancunes. Gomment s'étonner que le peuple s'empresse de suivre les Jésuites * ? » Avec une amertume toute semblable, le protestant André Dudith écrivait au médecin Crato de Craflheim : ^ pour ma part, je ne suis nullement surpris lorsque j'apprends que quelqu'un des nûlresa été rejoindre les Jésuites, surtout s'il n'est pas très versé dans la controverse ; car, à en juger par l'extérieur, les Jésuites méritent les plus grands éloges. Ils possèdent une instruction étendue, ils sont éloquents, ils enseignent, prêchent, publient, discutent, donnent à la jeunesse l'instruction gratuite, et cela avec un zèle infatigable. De plus, ils se distinguent par des mœurs très pures et par une grande modestie. Si l'on jette les yeux, au contraire, sur ceux qui se font gloire du nom d'Évangéiiques, on remarque en eux une présomption insupportable; ils sont désunis, querelleurs, intolérants les uns envers les autres; ils ont tant de vices que je ne saurais les compter; déplus, leur science est fort mince, et, en tout cas, elle ne saurait être comparée à la culture des Jésuites -. »
Du côté catholique, les princes, les hommes d'état, les savants, les évêques, les religieux considéraient la prompte extension de l'ordre, malgré les difficultés si grandes et si multiples de ces temps troublés, comme une preuve évidente de la protection de Dieu 3.
Le nombre des collèges, écoles^, maisons de mission de l'ordre allait toujours grandissant. Aux établissements déjà fondés en 1575
^ Nothgedrunçjcne Errinerung und Vermahnung an alle, so dem Evangelium wohl zugelhan sein (1594), f. 3.
- « Equidem non miror, cum audio aliquem ad Jesuitas transirc, prœsertim si non Sil multum diuque in controversiis cognoscendis versatus. Nam illa quidem, quaî in oculos incurrnnt, valde plausibilia sunt. Commendat eos varia eruditio, eloquentia, assiduus in docendo, concionando, scribendo, disputando, pueros sine mercede iiistitucndo, labor vitteque innocenlia et modestia. Contra qui oculos conjiciant in eorum, qui Evangelii nomine supcrbiunt, fastum atque impotcntiam, in dissidia, contentiones, mutuaspersecutiones, alia yitia, qute non lubet comemorare.in lileris vero non magnam doctrinam, certe non tantam qute cum illorum eruditione comparari possit, non magnam liabent causam, cur mag-nopere mirentur, si quis a nostris ad illos dtiiciat. » Voy. Sudhoff, C. Oliviamis und Z. Ursinus (Elberfeld, 1857), pp. 504-50o. ** Deux jésuites prêchaient régulièrement à Breslau dès 1581 ; ce ne fut pourtant que plus tard qu'un collège l'ut établi dans cette ville. Voy. Grü.nhagen, Geschickte Schlesiens, t. XI, p. 127.
^ Voyez sur ce sujet les jugements portés par le carme Laurent Surius (Cornment, brevis rerum in orbe gestarum, Coloniœ, 1568, p. 459); par Erhard de WixiiEiM [Sacrarium Agrippinœ, édition de 1736, pp. 153 et suiv.) ; par l'évêque de Paderborn Théodore (Strunk, Ann. Paderborn, t. IH, pp. G58 et suiv.); par Georges Stabaus von Lavanl (Ha.nsiz, Germ. sacra, t. !!, p. 084); par l'archevêque
LES C0LLi:(iE3 DES JESUITES ET LEUR INFLUENCE. 2ii
s'ajoutaient, en I0Ü8, dans la province rhénane: une maison de missions à Aix-la-Chapelle; en I08O, un collège à Goblentz ^ et à Molsheim; en I080, des collèges à Ei'fiirt et à Paderborn; en I08O, une mission à Bonn; en lo87, une autre à Hildesheim; en I088, un collège à Munster; en 1592, un collège à Emmerich; entre 1601 et 1G03, une maison de missions à Rilberg; en 1604, un collège à Haguenau ; en I6OÖ, une maison de missions à Essen; en 1609, une autre à Xanten; la même année, un collège à Worms; en 1612, un collège à Ashatïenbourg; en 1614, une mission à Meppen; en I6I0, des missions à Neuss, à Schlestadt et à Ensisheira.
L'ordre s'étendait d'une façon tout aussi remarquable dans la haut Allemagne. En 1574, un collège était fondé à Lucerne; en 1576, un noviciat à Landsberg ; en 1579, un collège à Augsbourg; en 1580, un collège à Fribourg; en 1585, des missions à Ellwangen, Günzbourg, Gmünd et Miesbach ; en 1586, un collège à Ratisbonue; en 1591, un collège à Alttöting; en 1593, un établissement à Bibourg; en 1597, une maison à Ebersberg ; en 1604, un collège à Constance; eu 1611^ un collège à Bamberg; en 1616, un collège à Eichstädt ; un autre à Neubourg sur le Danube.
A chacun de ces collèges, une école était attachée, et, dans la plupart de ces établissements, les élèves se comptaient par centaines. C'est ainsi, par exemple, que le collège de Cologne, auquel, en 1.577, sept classes avaient été ajoutées, le nombre des élèves s'élevait, en 1578, à 840; trois ans après, l'école comptait plus de mille internes 2. A Trêves, en I08I, il y avait environ 1,C00 écoliers^; à Mayence, 700; à Coblentz, Spire et Heiligenstadt, 200 environ '^; à Fulde, depuis 1585, le nombre des élèves oscillait entre 400 et oOO. A Munich, le collège comptait 600 élèves en 1587, 800, en 1589, 900 en 1602 ^ A Wurzbourg, 700 élèves en 1590, 800, en 1393, 1070, en 1604 ". A Dilliugen, 570 élèves en 1595, 730 en 1605 '. A Aug-
Jacques de Trêves (Honthzim, Hist. Trever, diplom., t. III, p. 26); par les ducs Albert V et Guillaume V de Bavière (Carias de S. Ignacio, t. II, p. 332) ; Adlz- REiTER, t. II, p. 269; HuxD, Meirop. Salisburg., t. II, p. 28i), etc. ** Sur les difficultés contre lesquelles les Jésuites eurent à lutter jusqu'en 1379, voy. les renseignements fournis par les Nunlialurberichten, t. III, I, pp. 267 et suiv.
' * Voy. Doiii.MGLS, Gesch. der Stiftung des Jesaiiencollegs i:i Coblenz,
- Keiffenberg, p. 223; voy Zieu.ngiebl, p. 310.
' Litlerae annuis ad a. luSi, p. 169. KEiFiE>BEiiG, pp. 169-2Ùd. Buxco, t. I, pp. 222-223.
* KoMP, Zweite Schale Fuldas, pp. 18, 30.
5 Bauer, Aas dem Diarium gymnasii S.J. Monacensis (Munich, 1878), pp. H et uiv.
•"' Litterœ annuse ad a. lögo-iögi, p. 3o3; ad n. i5g3, p. 239; ad a. iGoi, p. 610.
"• Lilterœ annux ad a. lögi-iögö, p. 3j9; ad a. i6o5, p;618.
212 LES COLLKGES DES JESUITES ET LEUR l.NFLUENCr: .
sboui'iï, 300 élèves en JoSo, 400, en 160C>, dix ans après ', 000. Les établissements de l'ordre avaient tous à enregistrer les mêmes progrès en Autriche.
Le zèle des Pères ne se restreignait point à l'éducation de la jeunesse; il s'étendait à tous les besoins de la population. Les Jésuites étaient d 'iulatigables prédicateurs. Dès 1505, à Innsbruck, un de leurs Pères avait été chargé d'instruire la classe cultivée. Tous les dimanches et jours de fête, il prêchait à une heure de l'après-midi ; les autorités civiles, les magistrats assistaient à ces prédications. Les Jésuites prêchaient rarement à la cour, mais ils montaient très souvent en chaire dans les diverses paroisses d'Innsbriick. De la ville, nous les voyons se répandre dans les campagnes ; dans les localités destituées de tout secours spirituel, ils se cliargent d'enseigner la doctrine chrétienne aux enfants et aux adultes ; d'année en année, ils voien grossir le nombre de leurs auditeurs. Dès qu'un dès leurs monte en chaire, une foule compacte se presse autour de lui; en 1586, les Jésuites évangélisent les districts des mineurs; l'année suivante, une lettre patente de l'évêque les autorise à donner des missions dans toute la contrée. Comparées à la conduite légère, aux manières rudes, au peu de culture du clergé, tombé si bas dans l'estime publique, la gravité de mœurs, la conduite prudente, la science approfondie des Pères imposaient le respect ; on ne pouvait s'empêcher de les louer, soit qu'avec une éloquence convaincue ils expliquassent en chaire la doctrine de l'Église, soit que, dans les confessionnaux, ils parlassent à la conscience avec onction et sagesse -.
Leur zèle s'appliquait surtout à la fondation de séminaires destinés aux étudiants pauvres. C'est grâce ä eux qu'à Munich le Grégorianum fut fondé par le duc Albert V (1574) ; bientôt ce séminaire compta quarante bourses. Ingolstadt, Wurzbourg, Innsbruck, Hall, Graetz et Prague ne tardèrent pas à avoir des établissements du même genre. A Augsbourg, dès 1559, Ganisius avait pris à sa charge les deux cents plus pauvres étudiants de l'école du chapitre et, subvenant à tous leurs besoins, leur avait rendu possible une vie commune. Pour eux, il recueillait des aumônes chez les princes spirituels et chez les riches personnages qui suivaient d'ordinaire ses prédications à la cathédrale. A son exemple, le Père Yolk récolta à Augsbourg, en une seule année (1590), 1,400 florins, qu'il
' Litterœ annnœ ad a. i585. p, 266. Agricola. t. I, p. 346. Braux, Gesch. des Jesaitencollegs in Augsbourg, p. 135. Litterse annuie ad a. 1606, p. 385. Mangold, ColL. August. [Xu^Msix Yindel., 1786), p. 61.
ä ** Hirn-, t. I, pp. 232-233.