ASSOCIATIONS DE JEUNES CENS DANS LES MAISONS D ENSEIGNEMENT
grégation de la Sainte Vierge, une autre association d'étudiants se forma sous le nom de Coni^régalionduSaint-Esjirit. Le but principal de cettesociélé était l'exercice des œuvres dcmiséricorde spirituelles et temporelles. En 1^82, l'archiduc Charles s'y lit recevoir. Parmi les bourgeois et les gentilshommes catholiques de la ville, il en était peu qui ne voulussent avoir, pendant la maladie, surtout à l'heure suprême, un membre de l'association à leur chevet. « 11 peut paraître singulier et même ridicule, » écrivait un contemporain, « de voir ceux qui s'adonnent et se vouent aux lettres et aux sciences, se faire de temps à autre, par charité chrétienne, les consolateurs et les infirmiers des malades, et visiter les pauvres dans leurs indigentes demeures. On voit fréquemment des exemples de celle charité parmi les élèves des Pères de la Compagnie de Jésus; moi-même j'ai souvent vu, à Graetz et à Vienne, des jeunes gens pratiquer ainsi les œuvres de miséricorde. Sans doute, la chose semble étrange, mais, au regard de Dieu, cela n'a rien de ridicule, c'est suivre l'appel de Jésus-Christ, et le salaire qu'il a promis à quiconque aimerait ses frères ne sera pas perdu pour ces jeunes gens. Si les fils des plus grandes familles, au temps de leur orageuse jeunesse, s'exercent ainsi à la charité chrétienne, comme beaucoup le font actuellement, cette conduite ne leur sera pas seulement de grande utilité et avantage dans l'avenir, mais encore elle sera d'un grand exemple pour ceux qui leur sont soumis, et qu'ils seront un jour appelés à diriger ^. a
1 SocHER, t. I, pp. 279-280. Niedereger, p. 33. Peinlich, Gesch. der Gymnasiums zu Graz, Programm cum Jahre 186O, p. 5G, note. Die Preisunfj Maria ein fürnehmlich Mittel zur Preisung Gottes und Jhesu Christi (\n'^o\sl3i{ii,i^\)l]. f. Ir. Sur les membres les plus distingués de la congrégation de Vienne, voy. Nie- DEREGER, pp. 5G ct suiv. ** Sur ceux de la congrégation d'Innsbriick, voy. Hirn> t. I, p. 274. Voy. Kroni s, Gesch. der Universität Graz, pp. 283 et suiv. Kroncs ne fait dater la fondation de Mariœ Virginis, à Graetz, que de 1595. L'illustre philologue Juste Lipsius, (jui avait étudié chez les Jésuites ct y avait fait sa philosopliie, déclarait sur son lit de mort, après une vie brillante ct mouvementée, que le plus consolant de ses souvenirs était celui de son entrée dans la congrégation de Marie. Ce qu'il avait cnlui de meilleur, il disait en être redevable aux Jésuites. Aussi leur était-il entièrement dévoua. Imago pi'imi sœculi, ]>. 774, Niedereger, p. 86. Stimmen aus Maria Laach, 1884, p. 250. Justi Lipsii Epist. Centur, t. II, p. 29- 32.Enjanvier 1598, Lipsius écrit au jésuite d'AugsbourgPontanus: «0 inslitutionem vcstram olim mihi ulilem ! inhœrct ea et inhœsit, atque illa Pallas fuit, qure inler tempestates, imo naufragia scrvavit hune Ulyssem.» Le célèbre médecin Hyppolite Guarinoni avait été élevé au collège de Prague et était l'orgueil de la Congrégation de Marie. 11 yétajt entré dès sa première jeunesse. Nommé médecin des archiduchesses Marie, Chrislihe et Eleonore, il occupa, à Hall, dès son arrivéedans cette ville, la plus haute dignité de la congrégation. Dans une lettre adressée àla confrérie de Trente, le président de cette Société s'étend longuement sur les œuvres et les mérites de ce grand chrétien, qui avait appartenu à la congrégation pendant cinquante-quatre ans. Guarinoni, y lit-on, avait été mainte fois raillé poursa fré-