LE COLLÈGE GERMAMQUE A ROME. APOSTOLAT DES GERMANIQUES
Les congrégations de la Sainte Vierge étaient souvent rattachées les unes aux autres par des liens étroits. Le célèbre Père Possevin, dès 1579, avait établi des relations régulières entre les congrégations d'Innsbrük et de Rome. Pendant les années qui suivirent, les congrégations de Hall, de Cologne, d'ingolstadt, de Dillingen, de Munster et de Lucerne s'unirent de la même manière; on s'envoyait réciproquement des-comptes rendus annuels, on s'encourageait, on s'édiliait en constatant les progrès obtenus; les rapports envoyés étaient toujours lus publiquement. Les associés prenaient le plus vif intérêt à toutes les questions intéressant la cause catholique. A Innsbruck, ils priaient pour le salut de l'infortunée reine d'Ecosse et pour le triomphe de la justice dans l'afïaire do Cologne. De Rome, l'envoi fréquent de contributions en argent, de bannières bénites, prouve tous le prix qu'attachait le Saint-Siège au zèle actif et fervent de ces confréries ^.
Dans les villes épiscopales où les Pères avaient des collèges, les séminaires étaient généralement placés sous leur direction; dans les écoles populaires, ils faisaient preuve d'une activité si féconde que, du côté protestant, on répétait, en exagérant quelque peu les faits : « Les Jésuites ont dans l'Empire plus de 300 écoles de garçons et de filles, tous enfants de pauvreset d'ouvriers. Ccsécolesont été en partie fondées par eux, et sont placées sous leur directioi:et autorité^, »
« Le Collège Germaniquede Rome, »écrivaitun prédicant en 1594,
quente réception des sacrements; mais les critiques n'avaient fait qu'enflammer son zèle. Il avait aussi l'habitude de reciter assidûment le rosaire. Jusqu'à l'âge de 83 ans il observa fidèlement le jeûnedu carême. Dans les horreurs d'une cruelle épidémie, ilfit l'admiration de tous par sa douce charité envers les malades, et par son mépris de la mort. Il érigea à ses propres frais une église en l'honneur du grand Charles Borromée, et travailla lui-même comme un manœuvre à la construction de l'édifice. 11 avait une telle vénération pour le P. Canisius qu'il célébrait tous les ans, avec toute sa maison, l'anniversaire de la mort de ce grand serviteur de Dieu. Dévoré de zèle pour le salut des âmes, il parcourait souvent montagnes et vallées pour faire le catéchisme aux enfants. La lettre de la congrégation a été imprimée dans le Messager du Cœur de Jésus (Innsbruck, pp. 336-337. Voy. Agricol.^' t. II, pp. 284-235. Kropf, t. IV, p. 160. ** Sur Guarinoui, voy. aussi Hirx, t. I, p. 2, et le sixième vol. de cet ouvrage.
1 ** Hm>f, t. I, pp. 274-275.
- Nothgedrnngene Errinerung (voy. plus haut, p. 210, note!. Sur l'action des Jésuites dans les écoles populaires et dans les écoles du dimanche, voy. pour Trêves, ZiERXGiEEL, p. 310 ; pour Landsberg, Lwowsky, Gesch. der Schulen in Bayern (Munich, 1825), p. 223, note 1 ; pour Munich, Floïto, pp. 147-447 ; pourAugsbourg, Agricola, t. II, p. 50. Pour Biburg, Agricola, t. II, p. 40. ** Sur l'apostolat des Jésuites dans les écoles du dimanche, voy. aussi les détails fournis par le K.vtholik, 1888, t. II, pp. 306 et suiv.