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« est une pépinière singulièrement favorable au développement de l'engeance jésuitique; nos jeunes gens y sont élevés gratuitement; leurs études terminées, ils retournent dans leur patrie pour V remettre le papisme en honneur et comi)attre pour sa cause avec le plus grand zèle. On les voit exercer le ministère dans un grand nombre de collégiales, de paroisses; ilsdeviennentconseillers d'évêques, et même évoques, et nous voyons de nos yeux tous ces jésuites défendre en beaucoup de lieux la cause catholique avec tant de passion que nous autres Évangéliques nous pourrions nous demander dans quel pays, dans quelle ville, il nous serait possible de rencontrer un semblable attachement pour le saint Évangile. Ces nouveaux venus séduisent tant d'âmes que c'est vraiment chose lamentable à constater * ! » Chemnitz disait : « Si l'ordre des Jésuites s'était borné à fonder le Collège de Rome et n'avait fait rien autre chose, il mériterait pour cela seul d'être regardé comme le plus dangereux ennemi du Luthéranisme 2. »
Sous Grégoire XllI, le Collège romain ^, après que Canisius eut présenté au Pape un mémoire sur les services qu'il était appelé à rendre, obtint du Saint-Siège une dotation fixe pour un certain nombre d'élèves. La bulle, datée du 6 août 1573, prescrivait aux Catholiques de tous les cercles de l'Empire d'y envoyer au moins cent élèves pour y étudier la philosophie et la théologie. Grégoire fit don au Collège du palais de Saint-Apollinaire, du couvent de Saint-Saba et des revenus de Saint-Étienne-sur-le-mont-Celio. Outre cela, il leur assura 10,000 écus sur les revenus du trésor apostolique. En 1574, le nombre des élèves s'élevait à 130, quelques années plus tard à loO. Les étudiants de philosophie y séjournaient trois ans, les élèves de théologie, quatre ans.
Le Pape fonda des établissements analogues à Braunsberg, Dillingen, Fulde, Prague et Vienne. 11 pourvoyait en même temps avec la plus grande libéralité à tous les besoins du Collège romain. On a calculé que du 15 octobre 1573 au 15 août 1585, il dépensa, pour ce seul établissement, environ 235^649 écus, c'est-à-dire à peu près un million de notre monnaie.
Bientôt on put reconnaître à leur zèle, dans presque tous les territoires catholiques, les élèves du Collège germanique^. Ils devenaient les conseillers spirituels des évèqucs; ils prêchaient à la
' Nolhgedriingene Errinerurir/, f. S. Voy. v. Wedel, p. 32.
- Voy. HuRTER, t. m, pp. 44U-441.
3** Voy. notre 4' vol., pp. iü7-430, Schwarz, Zehn Gutachten, XLII et suiv.
* ** Schwarz, Zehm GutachtenXLVlll. Nuntialurberichte, III, L, XXVII et suiv.