‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 113 sur 573 · APOSTOLAT DES '( GRRMANIQURS » EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

APOSTOLAT DES '( GRRMANIQURS » EN ALLEMAGNE

cour des princes; beaucoup étaient chargés de la prédication dans les chaires épiscopales et arclii-épiscopales.

Les ennemis de l'Église eux-mêmes ne pouvaient nier la bienfaisante influence exercée par le Collège romain sur les jeunes gens issus de grande famille, qui, en général, composaient les chapitres 1. La plupart, jusque-là, « n'avaient été que de grands seigneurs laïques décorés de titres ecclésiastiques ». Ils n'étaient pas prêtres; ils n'appartenaient à aucun degré à la hiérarchie; ce n'étaient ni des esprits cultivés, ni même des chrétiens de conduite régulière; leur vie était en général scandaleuse et mondaine, très fréquemment licencieuse ». Cet état de choses a souvent arraché à Ganisius des plaintes amèrcs. « La corruption des chanoines ignorants et grossiers de notre noblesse est connue de tout le monde, »écrivait-il à François Borgia; k ce sont desgens degiierre, et ils semblent encore plus livrés que ceux-ci à la licence ; leur genre dévie scandalise chacun, et cependant l'existence même des évêchés est entre leurs mains. A Mayence, Cologne, Strasbourg, Wurzbourg, un grand nombre de chanoines non seulement ont une foi suspecte, mais sont quelquefois des hérétiques déclarés 2. » C'était donc pour l'Allemagne un spectacle tout nouveau que de voir sortir du Collège romain où, peu à peu, un grand nombre de nobles avaient envoyé leursenfants 3, des chanoines instruits, portant l'habit ecclésiastique, célébrant la messe, prêchant, confessant régulièrement, visitant les malades, et édifiant tout le monde par une conduite vraiment sacerdotale.

« Les jeunes gens qui nous arrivent du Collège romain, » remarquait avec tristesse un polémiste protestant, « sont, tout comme leurs maîtres, versés dans la science diabolique, dans la piété hypocrite, dans les exercices idolâtres, et les propagent parmi le peuple ; ils prêchent beaucoup, et se donnent pour de bons chrétiens; ils se précipitent dans les hôpitaux, dansles infirmeries, et tout cela n'est que l'eifet de l'horrible hypocrisie qui est logée dans la

1 * Voy. Lang, Gescfi. der Jesuiten in Bayern, pp. 210 et suiv. Svcr.^iHViiM, Gesch. der Jesuiten, t. I, p. 92. Voyez la liste des élèves les plus remarquables jusqu'à 1618, dans le Catalogus Coll. Germanici [Romae,\S~Q}. pi>,ù,l,S, 9,13, 15, 1S,20. De i5.">2 à 1798 l'archevêché de Cologne donna au Collège 382 élèves, celui de Trêves 148, celui de Mayence 287, l'évéché de Constance 432, celui de Trente 290, celui d'Augsbourg 197, celui de Munster 184, celui de Freising 161, etc. Cataloffus, pp. 22-26.

* * BoERo, Canisio, p. 314.

^ GoRDARA, p. 26. Les élèves de grande naissance étaient particulièrement désirés, en raison de l'influence qu'ils devaient exercer plus tard en Allemagne. Voyez la lettre du cardinal de Cosme à l'évêquc d'Augsbourg (27 nov. 1593). Theiner, Annales, t. 1, p. 7a.

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