‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 126 sur 573 · POLITIQUE DU PARTI RÉVOLUTIONNAIRE PALATIN DEPUIS · texte numérisé non relu

POLITIQUE DU PARTI RÉVOLUTIONNAIRE PALATIN DEPUIS

restait à l'Empire ^ et l'Autriche centrale, n'ayant plus pour la protéger les forteresses tombées au pouvoir de l'ennemi, restait exposée à de prochaines agressions. Rodolphe apposa son nom aux deux traités, mais il protesta, dans un acte secret, contre la violence qui lui était faite, déclarant qu'il avait agi contraint par la nécessité, et que par conséquent il ne se regarderait pas comme lié par ses engagements 2.

La paix de Vienne garantissait aux membres d'Empire protestants de Hongrie le libre exercice de leur religion; mais en même temps elle laissait au clergé catholique ses églises, ses propriétés et ses revenus, en assurant sa sécurité. Les États calvinistes ne se contentèrent pas de la liberté qui leur était accordée. Ils refusèrent de confirmer le traité tant que, sans parler d'autres articles, la décision prise en faveur de l'Église Catholique n'aurait pas été retranchée. Le magnat Etienne Illeshazy, qui avait eu le plus de part au traité, fut le premier à le violer en s'emparant des revenus du primat, de sorte que celui-ci réduit à la misère, se vit contraint de demander unp pension au roi d'Espagne. « Un grand nombre d'ecclésiastiques, » écrivait Mathias en 1608, « sont destitués de tout moyen d'existence, car on a mis la main sur leurs revenus; ils sont forcés de s'expatrier, ils errent çà et là, ils n'ont pas même de ({uoi vivre honorablement jusqu'à la prochaine diète 3. a

Les palatins crurent que le moment était enfin venu où, par l'alliance des princes protestants avec l'Angleterre, la Hollande, le Danemark et la France, il deviendrait possible de réviser la constitution et d'anéantir à jamais la puissance de la Maison de Habsbourg.

En 1608, pendant les délibérations qui avaient eu lieu au sujet de l'Union, il avait été décidé qu'un conseil permanent serait institué à Heidelberg, et que tous les procès intéressant soit la politique, soit la religion lui seraient soumis. Au mois de mars de l'année

* Voy. GiNDELY, Rudolph I, p. 82.

* Stieve, t. II, pp. 806, 808. Hurter. t. V, p. 193, note 182, et Stieve, t. II, p. 81G, note 7. ** Huber, t. IV, pp. 467 et eiiiv., pp. 470 et suiv. p. 480. L'auteur affirme, au sujet de la paix conclue avec les Turcs, qu'elle ne fut pas aussi désavantaejeuse qu'elle semblait devoir l'être au premier abord, voy. Klopp, t. I, p. 40.

ä Hurter, t. V. pp. 115, 116.

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