‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 127 sur 573 · POLITIQUF. DU PARTI PALATIN DEPUIS · texte numérisé non relu

POLITIQUF. DU PARTI PALATIN DEPUIS

suivante, les palatins proposèrent l'organisation immédiate de ce conseil, où les villes libres, les comtes de Wetteravie, les États Généraux et les k membres correspondants de l'étranger » devaient tous envoyer au moins un représentant. Ce conseil général, dont l'Électeur palatin se réservait de nommer le président, devait « veillera tous les intérêts de ses membres, et à l'entretien et l'accroissement de bonnes et cordiales relations entre ceux qui en faisaient partie, tant en Allemague qu'avec les potentats de l'étranger * ».

Au premier rang de ces potentats de l'étranger était Henri IV, roi de France, dont toute la politique tendait invariablement à l'abaissement delà Maison d'Autriche. Benjamin Buwinckhausen, ambassadeur du Wurtembergàlacourde France, écrivait le 26 février 1603 à son maître : « Je ne puis conclure autre chose de toutes les intrigues que je vois ici, sinon que le roi cherclie par tous les moyens possibles à exciter les princes protestants d'Allemagne contre la Maison d'Autriche, à laquelle il désire créer des embarras de tous les côtés -. »

Henri sentait bien que l'Union projetée serait extrêmement favorable à ses desseins. En 1602, il s'était entretenu longuement à ce sujet avec le landgrave Maurice de Hesse 3; l'année suivante, il exprimait encore au landgrave son regret de ce que l'œuvre si nécessaire, si avantageuse, tardât tant à se conclure ^. En juillet 1605, il exhortait de nouveau les princes à ne pas perdre de vue l'Union, et leur offrait son appui ^. Maurice montrait tant d'ardeur à le servu" qu'il écrivait à Sully en se félicitant de son zèle : « H me gagne tous les jours de nouveaux amis, alliés et serviteurs dévoués ^. «

Les Palatins songèrent bien vite à tirer parti de l'insurrection hongroise pour le triomphe« de la noble cause delà liberté évangélique ». A les entendre^, ce n'était pas à l'Empereur ni aux membres d'Empire catholiques, c'était à eux qu'il appartenait de traiter avec la Hongrie et les Turcs. A Heidelberg, on se laissait même aller à l'espérance déposséder un jour la Hongrie. La Hongrie était décidée « àne pas tolérer plus longtemps le joug de la Maison d'Autriche » ; plus qu'à l'intérêt de cette Maison, on devait avoir égard au bien public. Un comte palatin n'avait-il pas régné autrefois sur la Hongrie?

' LoxDORP, 1, 2, 3.

» Ritter, Briefe und Aden, t. I, p. 376.

' Voy. plus haut pp. 185 et suiv.

* Berger de Xivrey, t. VI, p. 50.

* « Et y contribueray de mon costés les devoirs et offices d'un bon voisin. » Berger de Xivrey, t. VI. p. 476.

6 RoMMEL, Neuere Gesch., t. III, p. 269, noie 248.

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