‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 128 sur 573 · PRÉTENDUS COMPLOTS DES PUISSANCES CATHOLIQI^'ES · texte numérisé non relu

PRÉTENDUS COMPLOTS DES PUISSANCES CATHOLIQI^'ES

{( Si l'Électeur de Brandebourg consent à entrer dans nos vues, » disait le conseiller palatin Michel de Löfenius, « il faudra diriger toutes choses dans ce sens, et voir si, en Saxe, on ne serait pas disposé à nous aider '. »

Mais l'Électeur de Saxe Christian n'avait pas la moindre intention de se mêler de la poIiti(}ue palatine. Bien qu'il fût persuadé que les troubles de Hongrie avaient été provoqués par la persécution religieuse, Bocskay, à ses yeux, n'était qu'un rebelle, que le vil instrument des Turcs, et cela, disait-il, « non pour la religion, mais pour les régions"^ ». « Des personnes dignesde confiance,» écrivait Christophe de Waldbourg en mai 1600 à l'Électeur palatin, « des chefs militaires évangéliques d'un rang élevé, témoins de tout ce qui s'est passé en Hongrie, assurent que la révolte n'a pas eu de prétexte avouable. Bocskay répand le sang des chrétiens; il livre barbarement leurs enfants aux Turcs; il cache son ambition sous le manteau de la religion. Un cœur allemand ne saurait lui pardonner sa haine et son mépris pour nos frères de Hongrie, ni la dévastation du territoire qui jadis appartenait à l'Empire; sa férocité fait horreur. Par son ordre, les enfants sont attachés deux à deux, puis jetés sur le dos d'un cheval emporté; ceux qui tombent, expirent sur les routes. Plusieurs ont été relevés mourants par nos soldats. En l'espace d'un an, Bocskay a commis plus de forfaits que les Turcs durant toute une longue campagne 3. »

Mais tout cela n'empêchait point Frédéric de prendre parti pour le rebelle, et de rejeter toute la responsabilité des horreurs qui se commettaient sur le Pape et sur les Jésuites. Pour punir ces derniers, les vrais perturbateurs de la paix, il voulait une sentence d'exil et la confiscation des biens. Le 3 mars 160G, il envoyait à l'Électeur de Brandebourg un projet d'adresse à l'Empereur, où la détresse de l'Allemagne était ainsi expliquée : Le Pape, le nonce et ses partisans, en persécutant la religion évangélique, avaient provoqué la révolte de Hongrie et de Transylvanie. En Allemagne, des révoltes analogues étaient à craindre pour le même motif. Afin de les prévenir, il était urgent de conclure pour l'IlIemHgne, la Hongrie et la Transylvanie une paix de religion capable de satisfaire tous les partis, et l'Électeur était prié de faire tous ses

* Protocole des Etats de Bretten, 22 mars 1605. Lettres de Frédéric IV au Brandebourg, les 4 et 23 avril, à Neubourg, le 13 avril; Voy. Ritte«, Briefe and Acten, t. I, pp. 431. 434, 436, 439, 443, 444.

- Dépêche à l'Electeur palatin, 8 juin 1606, dans Ritter, Briefe and Aden, t. I, pp. 476, 477.

^ Ritter, Briefe und Acten, t. I, p. 492.

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