‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 129 sur 573 · PRÉTENDUS COMPLOTS DES PUISSANTES CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

PRÉTENDUS COMPLOTS DES PUISSANTES CATHOLIQUES

efforts pour faire approuver l'adresse à l'Empereur par Christian de Saxe i.

V Les complots effroyables des Jésuites et des souverains papistes» avaient été révélés, longtemps auparavant, à Christian et aux autres membres protestants du Saint-Empire par l'italien Brocardo Baronio, aventurier de mœurs corrompues, qui allait et venait sans cesse entre la Suisse, la France eti l'Allemagne. Dans son « Exhortation aux princes évangéliques », Baronio déclarait avoir été miraculeusement conduit des horribles ténèbres du papisme à la lumière resplendissante du saint Evangile; la divine Providence l'avait choisi pour révéler au monde entier les complots ourdis par le démon, l'Antéchrist romain et les princes papistes contre la religion évangélique. Co qu'il rapportait, il l'avait entendu dire de ses propres oreilles au Pape et aux cardinaux, ou bien il l'avait vu et lu dans les écrits et les correspondances des princes papistes. Par les soins et les efforts de Clément VllI, une vaste ligue pour l'extirpation sanglante des hérétiques venait de se former. L'Empereur, le roi d'Espagne, les archiducs Albert et Ferdinand, les ducs de Bavière et de Lorraine, en un mot tous les princes catholiques, à l'exception du roi de France et du grand-duc de Toscane, en faisaient déjà partie, et se préparaient « à la guerre sainte ». Le duc de Bavière et l'archiduc Ferdinand surtout étaient altérés du sang prolestant; en juin 1602,11 avait été décidé à Rome, avec l'assentiment de l'Empereur, qu'on entretiendrait des Jésuites dans toutes les villes de l'Empire pour empêcher la diffusion du nouvel Évangile. Des espions, soudoyés par les Jésuites, parcouraient l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Angleterre. Les Électeurs ecclésiastiques de Cologne et de Mayence venaient de confier au Pape leur espoir de voir bientôt les Évangéliques s'entre-déchirer, et leurs divisions servaient admirablement les intérêts delà religion romaine. L'inventeur de ces fables prenait Dieu à témoin de la vérité de ce qu'il avançait, ajoutant que de toute nécessité les princes évangéliques devaient se liguer pour déjouer les complots de leurs ennemis. Les Allemands n'étaient-ils pas tous frères? Ne fallait-il pas s'unir pour détruire les tyrans, pour défendre la liberté? Eux, les maîtres du monde, toléreraient-ils que « le démon encapuchonné de Rome » (le Pape), aidé de lâches fainéants (les princes papistes), insultassent plus longtemps à la vaillante et chevaleresque nation allemande 2?

* Ritter, Briefe um/ Acten, t. I, pp. 476-477.

- LoNDORp, Ada publ., t. I, pp. 891, 898. Sur Brocardo Boronio, voy. Ritter. Gesch. der Union. 1. 1, p. 243, et t. II, p. 11. Briefe und Aden, t. I, pp. 305, SOG. 308, 310. Stieve. t. II, pp. 574 el siiiv. Sur cet aventurier, les lettres du prorecteur

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