‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 131 sur 573 · APPEL A LA GUERRE DE RELIGION · texte numérisé non relu

APPEL A LA GUERRE DE RELIGION

terres, des propriétés de l'Antéchrist; c'est ainsi que Pilate aide Caïphe, tandis que Ja foule pousse ses clameurs pour qu'on lui livre le meurtrier Barrabas et qu'on mette Jésus à mort! Vous perdrez tout; vous aurez le sort qu'ont eu les Juifs sous Titus et sous Vespasien ^ » !

« Frères allemands, ne comprenez-vous donc pas encore ce qui vous attend? » lit-on dans un libelle publié à la même époque; « si vous ne vous levez, si vous ne vous armez courageusement pour défendre la liberté, si vous ne prenez vos massues, vos arquebuses, c'en est fait, vous serez massacrés sans pitié par les prêtres, par les Jésuites, par les princes temporels et leurs affidés ; vos femmes et vos enfants seront égorgés comme vous, ou bien ils perdront tout ce qu'ils possèdent, et seront chassés de leur pays, dans une misère, dans une détresse inexprimables. D'horribles complots se trament; croyez-en mes avertissements, aussi vrai que le Christ vit, les prêtres et leurs princes, les Jésuites et leurs partisans, se sont engagés par serment à massacrer tous les Évangéliques d'Allemagne! ils se sont ligués dans ce but, la chose n'est que trop certaine; bien qu'elle soit encore secrète, elle est évidente pour ceux qui observent attentivement les faits. Ne vous abusez pas, ne vous bandez pas volontairement les yeux! » «Levez-vous, frères bien-aimés, ne tardez plus! Il y va de la gloire de Dieu, de la parole du Christ et de votre salut! Levez-vous, je vous y convie 1 Si vous tardez, les prêtres, les Jésuites et leurs princes serviles, ligués ensemble, vous surprendront, vous attaqueront au jour que vous n'attendrez pas! Pour lamour du Christ, par la pourpre de son sang, je vous en conjure, levez-vous, saisissez vos piques, armez vos canons, prévenez les desseins des scélérats qui veulent vous perdre ^ ! »

En lGOo,Jean de Munster qui avait publié ses premiers pamphlets sous le pseudonyme de Philos de Trêves, adressait au peuple cette apostrophe :

Éveille-toi, éveille-toi, race allemande,

Arme-toi du courage des héros ^,

Il ne s'a^'il plus de dormir !

Debout! la troupe tondue s'est déjà mise en marche !

Elle a juré la mort de tous les chrclieus,

Déjà les prêtres sont sous les armes, debout !

' Nebelcap dem Papstkum abgezogen, {^[uhlhansen. IC03). Dédicace f. F. t. IV. ' Daus l'écrit cité plus haut, p. 273, note l.

' Voy. Welleb, Annaten, t. 1, p. 362, n* 407. Voy. encore t. I, p. 374, n" 493, 381. n° o4, et 390, n" 594. Nous reviendrons pkis tard sur « Maximilieu Philos »•

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