‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 134 sur 573 · J2 PLANS PAI.AT1NS-FUANC\1S POUR L ORGANISATION DE L UNION · texte numérisé non relu

J2 PLANS PAI.AT1NS-FUANC\1S POUR L ORGANISATION DE L UNION

en l'aire partie, mais que, si l'on réunissait des fonds pour celte grande entreprise, il s'engageait à donner les deux tiers du total de la somme fournie par tous les princes alliés réunis*.

Aussitôt que Cliristian fut de retour de France, les palatins commencèrent à recruter des alliés en Allemagne; en premier lieu, ils obtinrent l'adhésion de l'Électeur de Brandebourg, du duc de Wurtemberg, du landgrave Maurice de Hesse et des margraves d'Ansbacli et de Culmbach. Unacted'unionlut dressé d'après un plan donné par Henri IV. Christian fut envoyé en ambassade aux princes souverains pour leur représenter combien le besoin d'une ligue se faisait sentir, et combien, pour la fonder, l'occasion semblait favorable, « puisque la France offrait volontiers son concours, sur lequel il n'était pas toujours possible de compter ». Aussi devait-on lui oHrir une compensation : il ne semblait que juste de promelt;'e à Henri IV que, dans le cas où il se vcrraitattaqué,et dès qu'il en, ferait la demande, on enverrait lansquenets et cavaliers à son secours, à lui, à ses héritiers et à son royaume, comme, au reste, on en conviendrait plus en détail avec lui.

Mais le plan palatin-français éveilla d'universelles méfiances. Au commencement de 1Ö07, Christian écrivait qu'il n'avait encore rien pu obtenir, et (jue les choses ne prendraient une bonne tournure que dans le cas où Henri IV se mettrait franchement à la tête de l'entreprise, imposerait son autorité, et, par toutes sortes d'instances et de négociations secrètes, parviendrait à faire aboutir le grand dessein 2.

Sur le conseil de Christian, Frédéric envoya donc, en février, un ambassadeur à Pans, pour prier le roi, afin de hàtcr la décision des princes allemands, de leur promettre des secours encore plus considérables que ceux qu'il avait précédemment garantis. Le roi y consentit, et s'engagea à fournir, dans un délai de trois mois, non plus les deux tiers mais la même somme que tous les membres de l'Union réunis^. Le 29 mars, Henri pressait l'Électeur de Brandebourg de se joindre aux confédérés, pour sauver la liberté allemande ^. H ht dans le même sens les plus vives instances auprès do Maurice de Hesse, alors à sa solde^. Au due de Wurtemberg, il

« Ritter, Briefe und Acten, l. I. pp. üOo ct. suiv., p. Ö58.

2 Ritter, ßr/e/e und Aden, t. I, pp. 518-521, 525-533, 337-538. Gesch. der Union, t. II, j). 230, uote 2. Gindely, Rudolph IL, t. I, 135, note 3.

^ RiTTEii, 'Briefe und Acten, t. I. pp. 537, 562, 576.

* RiTTEK, t. I, p. 557, iiole 1, n°4G0.

^ Voy. plus haut, p. L, Ritter, t. I, p. 342.

« ... Je vous exhorte et prie de toute mon affection de continuer à mettre les deux mains à l'œuvre, affin qu'il soit poursuivi sans delay et interruption jusqucs

PL.\!VS PALATINS-FRANÇAIS l'OUR L ORGANISATION DE L UNION. 293

fit passer de forts dédommagements pour les sommes précédemment avancées, et le duc, satisfait, entra aussitôt en pourparlers avec le

'Palatinati. Frédéric disait à son ambassadeur,'au mois de décembre 1607, que le Brandebourg, Ansbach, Culmbach, Hesse-Cassel et la

(Maison d'Anhalt avaient été faciles à décider, mais que la chose importante était d'obtenir l'adhésion des cités, sans lesquelles on ne pourrait pas grand'chose, et qu'en premier lieu il s'agissait de gagner Ulm, Strasbourg et Nuremberg.

On espérait attirer les villes dans l'Union « les yeux bandés », L'Électeur était d'avis qu'il était inutile de leur parler de la France, dont, au commencement, elles pourraient se méfier. « Et à la vérité, »disait-il, « la France n'a dans tout cela qu'un rôle tirs secondaire, ce n'est pas elle qui a pris l'initiative de l'Union, elle n'a fait qu'aider à la fortifier, et plus tard elle peut encore nous être utile

{à l'occasion, quand on se sera entendu sur la marche à suivre. Si

1 les trois grandes cités étaient gagnées, Francfort, Spire, Worms, d'autres encore suivraient bientôt; en réalité, il ne manque ([u'une

I chose aux villes, c'est un chef pour les conduire. Les événements

I de Donawertlinous fournissent une occasion toute trouvée d'obtenir d'elles ce qu'on désire, et cette occasion, il est important de ne pas

. la laisser échapper -. »

Les événements de Donawerth eurent une grande influence sur la conclusion de l'Union, et sur la désagrégation toujours plus irréparable de l'Empire d'Allemagne,

à la perfection, et, qu'il n'en advienne comme autrefois que j'ay fait semblables propositions, lesquelles sont demeurées imparfaites, sans produire, d'autres eft'ecls que honteux et dommageables à ceux qui s'en soot entremis. » Rommel, Correspon- \ dance, p. 344.

• Baudrillart, p. 446.

î Ritter, t. I, p. 009.

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