CHAPITRE XXII
LES ÉVÉNEMENTS DE DONA\\ERTH JUSQU'eN 1608 *.
La petite cité de Donawerth, qui ne comptait guère que 4,000 , âmes, faisait partie de ces villes dans lesquelles, conformément à la ■! paix de religion, catholiques et protestants vivaient en paix, libres de conserver, sans être aucunement inquiétés, « leur foi, leur culte, leurs usages et cérémonies- )>. Mais, eu loGO, le pasteur protestant et le prédicant de la paroisse de Saint-Jean troublèrent la tranquillité publique par une si extrême intolérance que le conseil fut obligé de leur enjoindre, sous des peines sévères, de ne plus s'élever en chaire contre la paix de religion, et de laisser les habitants aller paisiblement^ quand bon leur semblait, assister à l'office divin à la chapelle du couvent de Sainte-Croix, assignée aux Catholiques pour la célébration de leur culte 3. Ce ne fut qu'en 1567 que le conseil, dont la majorité était protestante, commença à persécuter les Catholiques avec l'intention bien arrêtée de proscrire peu à peu l'ancienne religion. En 1567, une partie des cérémonies en usage à Donawerth aux funérailles catholiques fut interdite: l'année suivante, défense fut faite aux prêtres de porter ostensiblement le Saint-Sacrement aux mourants. L'évêque d'Augsbourg, en sa qualité de supérieur ecclésiastique des Catholiques de Donawerth, ayant porté plainte devant le conseil, le bourgmestre répondit « qu'on ne pouvait ni ne voulait tolérer davantage les idolâtries papistes ». En 1573, les processions, avec bannières déployées et récitation du rosaire à haute voix, furent interdites. L'évêque eut beau renouveler ses protestations, la défense fut maintenue, sous prétexte « qu'il y avait beaucoup d'ouvriers dans la ville, que ces étrangers n'avaient jamais vu de religieux, ni de cérémonies papistes, et que, dans le cas où le vin leur monterait à la tête, on ne pouvait répondre de ce qui se pas-
1 Abstraction faite de l'importance qu'eiireut les événemeats de Donawerth relativement à la isçuerre de Trente ans, ils méritent d'être retracés en détail, parce qu'ils nous permettront d'étudier, dans un cas isolé, la situation générale des villes d'Empire à cette date.
* Stieve, Ursprung, p. 32.
s KÖNIGSDORFER, t. II, p. 179.