‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 136 sur 573 · OPPRESSION DF.S CATHOLIQUES A DO.\A\NERTH · texte numérisé non relu

OPPRESSION DF.S CATHOLIQUES A DO.\A\NERTH

serait ». C'est pour un tel motif ({ucles Catholiques devaient renoncer à la liberté dont ils avaient joui jusque-là.

Les vexations allèrent toujours en croissant. En lo77, le conseil défendit aux habitants, sous peine de perdre leur droit de citoyen et d'être expulsés de la ville, de faire baptiser leurs enfants ailleurs qu'à l'église luthérienne; la ménoe exigence se produisit pour la communion et pour le mariage. L'évêque d'Augsbourg invoqua le traité de paix, menaça d'en appeler au Conseil aulique, sans obtenir autre chose que des réponses évasives. Cependant en 1378 le conseil s'adoucit quelque peu, et se contenta de défendre à tout catholique de célébrer son mariage ou de faire baptiser ses enfants en dehors de la paroisse, à moins d'avoir préalablement « obtenu une permission spéciale du bourgmestre, et donné au pasteur et aux officiers de l'église protestante les honoraires d'usage. » Le pasteur Weiland, élu l'année suivante, et son vicaire Neuberger allèrent plus loin dans la voie de la persécution. Du haut de la chaire, ils tonnèrent tous deux contre « l'idolâtrie papiste », accusant le conseil de la soutenir en secret. Les griefs présentés par les membres d'Empire catholiques à la Diète de lo9i n'étaient, comme on le voit, que trop fondés. « Contrairement à la paix de religion, » avaient-ils dit, v et contre toute raison et équité naturelle, les Catholiques sont traités par les prédicants d'idolâtres et d'impies. La paix de religion nous autorise à garder toutes nos cérémonies, nos chemins de croix, pèlerinages, processions, etc. Cependant depuis quelque temps ces choses ne nous sont plus permises. A Donawerth, on a été jusqu'à défendre |aux prêtres, au nom du conseil, de porter Jes derniers sacrements aux mourants. On baptise dans les églises protestantes les enfants de parents catholiques, et les morts, selon l'antique usage, ne sont plus portés au cimetière avec des cierges allumés. »

Ces plaintes ne servirent qu'à exciter les ressentiments des conseillers de Donawerth, qui résolurent, sans égard pour la minorité, de travailler sans relâche à l'extirpation radicale du Catholicisme. Le docteur Jérôme Froschel, chancelier du margrave d'Ansbach, personnage dont on avait souvent réclamé les avis, avait dit longtemps auparavant que, « les Catholiques étant la vermine du diable, il ne fallait pas s'étonner beaucoup de la peine qu'on avait à s'en débarrasser ». En 1596, le conseil décréta qu'à l'avenir on n'accorderait plus à aucun papiste le droit de bourgeoisie, de sorte que l'apostasie devint pour les Catholiques l'indispensable condition de toute nomination aux charges et auxemplois civils. Grâce àtoutes ces vexations, leur nombre qui, à l'époque du traité de Passau, égalait presque celui des Protestants, avait tellement diminué qu'au commencement du

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