OPPRESSION DES CATHOLIQUES A DONAWERTH
dix-septième siècle on no comptait plus, à DonaAverth, que seize familles catholiques, et ces familles étaientpresque toutes pauvres *.
Les Abbés de Sainte-Croix, après quelques inutiles protestations, s'étaient soumis aux édiis du conseil et, malgré tant de mauvais procédés, s'efforçaient d'entretenir avec les autorités des relations cordiales. Mais en iGOâ, au moment de l'élection d'un nouvel Abbé, une querelle survint entre le couvent et la municipalité. Le souverain tribunal ayant donné raison au monastère, le conseil ne songea plus, dans son ressentiment, qu'à inventer des persécutions nouvelles. La femme d'un bourgeois catholique, malade à l'hôpital, ayant instamment demandé les derniers sacrements, vit sa prière repoussée; môme refus pour une servante grièvement blessée. Enfin la rupture devint complète au sujet d'une procession que l'Abbé avait annoncée, et qui devait avoir lieu, bannières déployées, dans un des faubourgs de la ville (1606.) Le conseil l'interdit, et confisqua les bannières; mais l'évêque d'Augsbourg obtint du Conseil aulique un arrêt ordonnant aux autorités de laisser au couvent et aux Catholiques le libre exercice de leur culte, de ne plus les opprimer ni offenser à l'avenir, sous peine d'encourir le ban d'Empire; et, s'il trouvait nécessaire de prescrire quelque chose aux Catholiques, de ne le faire qu'en se conformant aux lois, à la justice, et aux anciens édits -.
Le conseil protesta contre cet arrêt, prononcé « sans clause », et fit dire à l'Abbé, comme, au mois d'avril suivant, la même procession était annoncée, de s'y prendre de manière à ce que nulle cause de scandale ne pût fournir aux Évangéliques prétexte à quelque soulèvement. L'Abbé répondit qu'il avait la confiance que le conseil n'oserait rien entreprendre contre la décision du tribunal suprême, et, le mois d'avril venu, il prescrivit la procession.
On vit alors à quel degré de brutalité le peuple en était venu; tous les ans, d'ailleurs^ les protocoles du conseil avaient constaté les progrès du mal. Les mauvais lieux s'étaient multipliés; les attentats à la pudeur, les adultères, les tapages nocturnes, les débauches honteuses, les duels, les rixes sanglantes, les assassinats étaient devenus des faits quotidiens, et les crimes les plus abominables se commettaient impunément 3.
Aussitôt que la procession se fut miie en mouvement, la popu-
1 KöNiGEDORFER, t. II, pp. 204-209. WoLF, Maximilian I, p. 159. Lossen, Donauwürth, t. IV, Stieve, Ursprung, pp. 17-24.
» Sknke>berg, t. XXII, p. 442, Stieve, Urspriinr/, p. 36, Wolf, Maximilian, t. II, pp. 191-192.
3 Stieve, Ursjtrang, p. 41.