‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 138 sur 573 · LES ÉVÉNEMENTS DE DONAAVERTH. 1G · texte numérisé non relu

LES ÉVÉNEMENTS DE DONAAVERTH. 1G

lation, dont les prédicants avaient eu soin de surexciter les haines, s'arma de mousquets, de piques, de gourdins; on s'empara des bannières, on les mit en pièces: on jeta des pierres aux fidèles qui 'I suivaient la procession; on les escorta avec des cris sauvages jusqu'au couvent, au travers des ruelles boueuses. Le conseil, loin de sévir, ne prit pas même la peine de l'aire présenter des excuses à l'Abbé. Bien au contraire, il réclama l'assistance des villes d'Empire protestantes, dont les délégués venaient de se réunir à Worms, et ceux-ci, dans un cahier de doléances présenté à l'Empereur, se plaignirent amèrement de l'arrêt porté par le tribunal d'Empire, et en firent un de leurs principaux griefs.

Le Conseil aulique ayant porté contre la municipalité un second arrêt, celle-ci souleva corjtre lui quantité d'objections, et rejeta sur la population la faute d'un désordre qu'il disait n'avoir pu empêcher. A la suite de ces événements, l'Empereur, le IG mars 1GÛ7, crut devoir charger Maximilien de Bavière d'intervenir. « Comme il semble, » lui écrivit-il, « que le conseil de Donawerth n'a pas été en état de résister à la populatiou turbulente de la ville, et comme l'équité demande qu'une semblable sédition ne reste pas impunie, puisqu'on ne peut laisser plus longtemps opprimer des innocents, le duc, dont l'autorité est partout respectée, dont les domaines sont voisins, et auquel l'Empereur lui-même en donne l'ordre, veillera soit par lui-même, soit par l'entremise de ses commissaires, à ce que, dans la procession publiiiue qui se prépare, les Catholiques soient protégés, et que toute manifestation séditieuse et toute contrainte soit évitées * ». L'Empereur exhortait en même temps le conseil à l'obéissance, l'engageant à maintenir l'ordre, afin qu'il ne fût pas obligé de recourir à des mesures rigoureuses-.

Sans y être poussé par aucune pensée d'intérêt personnel 3, Maximilien accepta la mission qui lui était confiée, il envoya aussitôt deux commissaires à Donawcrth pour engager le conseil à se soumettrCj et pour obtenir de lui un acte déclarant que, conformément à la paix de religion, les Catholiques ne seraient plus inquiétés à l'avenir, et qu'on les laisserait entièrement libres dans l'exercice de leur culte. Les commissaires, à leur arrivée, annoncèrent l'intention d'assister le lendemain à la procession du Saint-Marc.

Deux jours auparavant, le conseil avait fait afficher une protes-

1 WoLF,t. Il, pp. 198-199, HäBERLiN, t. XXII, p. 444. C'est à tort qu'on a prétendu que le duc avait sollicité celte mission. Voy, Losse>-, t. VIII, p. 10, Stieve, Ursprunff, Annotations, pp. 24-52, 2.

' Stieve, Ursprung, p. 52.

' Voy. en les preuves dans Stieve, pp. 53 et suiv.

Page 1