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LES « CE.MURIES DE MAGDEBOURG » 55I

s'étaient obscurcis; à en croire les nouveaux historiens, dès cette époque la doctrine du libre arbitre et de la justificatioR avait été corrompue, et les erreurs catholiques s'étaient infiltrées dans les écrits des Pères de l'Église Clément. Justin et Irénée. Le diable n'avait rien épargné pour séduire les âmes et pour leur persuader l'erreur quant à la justification et à la pénitence, parce quil avaitvoulu ravir aux hommes toute consolation et toute espérance. Flacius déplorait que, dans saint Ignace d'Antioche, martyr et disciple des Apôtres, on rencontrât déjà sur le sacrifice de la Messe v des expressions regrettables », qui se répétaient dans Irénée *. Au m« siècle, selon lui, la doctrine orthodoxe des bonnes œuvres était déjà presque entièrement tombée en oubli, et la plupart des docteurs avaient prodigieusement erré sur la pénitence et sur le célibat des prêtres 2. Ces aveux expliquent que les Centuries aient été souvent citées par les Catholiques comme preuve de l'antiquité des dogmes et des prescriptions de leur Église.

Flacius avait divisé en trois périodes l'histoire de l'Antéchrist, (c'est-à-dire des Papes). Il y avait eu d'abord la période de l'Antéchrist caché, (( se glissant de tous côtés, s'insinuant le plus qu'il le pouvait» ; puis celle de l'Antéchrist public, qui avait régné sur le monde; enfin, la période de l'Antéchrist dévoilé 3. Flacius commençait par poursuivre l'Antéchrist caché « jusque dans les trous de souris les plus ignorés ». Déjà, dans Irénée, il en découvre la trace, car celui-ci a dit que toutes les Églises doivent se soumettre au siège de Rome, à cause de sa prééminence. Une autre parole d'Ignace d'Antioche sur la primauté de l'Eglise romaine semblait aussi fort suspecte à Flacius; mais ce n'était qu'au troisième siècle « que le mystère d'iniquité » s'était franchement manifesté chez lesévêqucs de Rome*. Plus tard, on avait vu paraître, en dehors de l'Église, un second Antéchrist, Mahomet ■"'. « un apôtre de mensonge, « Boniface, avait aussi étendu jusqu'en Allemagne le règne du premier Antéchrist. Plein d'astuce et de cruauté, cet émissaire de Rome s'était mis à l'œuvre, écrasant de son mépris hautain tous les justes non tonsurés qui l'exhortaient à ne pas faire peser sur les Allemands le joug exécrable de l'Antéchrist. Boniface avait rassemblé une armée, envahi la Thuringe, non sans y provoquer le massacre d'un grand nombre de chrétiens, et depuis ce

1 Centuria, II, praef. AA. 2b.

ä Voy. NiF.MÖLLER, pp. 89-90.

3 Centuria III, pp. T'J, 247.

* Centuria III, pp. 170 et suiv.

= ** Voy. NiEMOLLEu, M. Flacius, p. 90.

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